Le Crédit Agricole renforce ses liens avec Resona

le 19/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque verte va investir près de 400 millions d'euros au capital de son partenaire nippon

Investissement de raison au Japon pour le Crédit Agricole. Après s’être assuré de la confiance de Norinchukin Bank début octobre, l’établissement japonais étant alors entré symboliquement au capital du groupe français, la banque verte va quadrupler sa participation dans Resona Holdings, en portant celle-ci à 3,92%. Le groupe français, qui a par ailleurs obtenu hier l’autorisation de la Commission européenne pour regrouper ses activités de crédit à la consommation en Italie avec celles de Banco Popolare, va racheter aujourd’hui à l’Etat japonais certains titres Resona pour 50 milliards de yens (393 millions d’euros). Une jolie plus-value pour le gouvernement nippon qui avait acquis ces titres pour 17,5 milliards de yens.

Dans un communiqué envoyé à la Bourse de Tokyo, la quatrième banque de l’archipel a expliqué que cette transaction visait à «renforcer sur le volet capitalistique» son partenariat avec le Crédit Agricole. Une transaction souhaitée par le groupe japonais, qui a également demandé au gouvernement de bien vouloir vendre une partie de sa participation pour lui permettre de rembourser des fonds publics, Resona devant encore 280 milliards de yens à l’Etat. Aujourd’hui, près de la moitié du capital de la banque est d’ailleurs encore entre les mains de l’agence publique nippone de garantie des dépôts bancaires, la Deposit Insurance Corporation of Japan, après son injection de fonds publics.

Resona n’est toutefois pas une inconnue pour l’établissement français, puisque les deux groupes coopèrent dans l’Archipel depuis 2002, notamment en matière d'assurance vie, de gestion d'actifs et de marchés de capitaux, dans le cadre d’un partenariat non exclusif. En outre, la presse japonaise s’était dès le mois de juin fait l’écho de rumeurs annonçant que le Crédit Agricole pourrait acquérir une partie des titres détenus par l’Etat, en investissant alors quelque 80 milliards de yens. A l’époque le yen était cependant moins fort qu’il ne l’est aujourd’hui face à l’euro.

Cet investissement survient à un moment où la finance japonaise subit davantage la crise financière après avoir été épargnée par celle du subprime. Resona, redevenu bénéficiaire depuis quelques années, a affiché un résultat net en baisse de 28% pour son premier semestre fiscal cette année par rapport à l’an dernier, à 86,3 milliards de yens.

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