"Le contexte difficile doit tempérer l’apparente sous-évaluation des actions"

le 15/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Yves Maillot, directeur des actions et de la gestion diversifiée de Robeco Gestions

L’Agefi : Pourquoi anticipez-vous une hausse de seulement 15% des Bourses européennes à horizon un an?

Yves Maillot : Avec des valorisations comprises entre 7 et 8 fois les bénéfices de l’année en cours, les actions européennes paraissent très faiblement payées. Sur la base de modèle de prime de risque, le niveau moyen des actions intègre implicitement aujourd’hui une chute de 40% des bénéfices des sociétés alors que le consensus des analystes est encore loin de cette prévision (-10% pour 2008 et +2% pour 2009). On peut donc en conclure que les anticipations de marché ont déjà largement intégré les effets négatifs d’une récession sévère sur les marges des entreprises et que les cours se révèlent être des opportunités d’achat. Néanmoins, et malgré cette valorisation attractive, le marché demeure largement affecté par l’élévation des coûts de financement, par la grande nervosité des intervenants (très forte volatilité) ainsi que par le risque de liquidité. Le contexte très difficile de l’actuel environnement économique et financier doit tempérer l’apparente sous-évaluation des actions et pondérer le potentiel théorique de rebond des Bourses.

Les marchés actions américains rebondiront-ils plus rapidement que les places européennes?

On peut penser que le cycle économique, plus avancé aux Etats-Unis qu’en Europe, justifie un rebond plus rapide des actions américaines. Pourtant, sur les bases respectives des estimations de bénéfices, les écarts de performances (hors effet de change) de part et d’autre de l’Atlantique ne devraient pas sensiblement diverger. Compte tenu de l’ampleur des déséquilibres financiers aux Etats-Unis, les risques de dégradation des résultats demeurent même encore élevés pour les entreprises américaines et expliquent aussi l’ampleur du plan de relance présenté par le nouveau Président.

A lire aussi