La confiance fuit l’économie japonaise, malgré la croissance affichée

le 13/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’Archipel a publié une batterie de statistiques qui laisse dubitatifs les investisseurs sur la santé de l’économie nippone et sur son avenir

Le soleil semble se coucher sur le Japon. Le pays a présenté différentes données qui ne rassurent pas les investisseurs. Loin de là. Les seules bonnes nouvelles sont venues des chiffres de la croissance japonaise qui a finalement progressé en rythme annuel de 3,5 % au dernier trimestre 2007, contre 2,3 % envisagés par le consensus. Hiroshi Shiraishi a salué cette «croissance solide» qui aurait pu atteindre «5 % sans l’effondrement de l’immobilier». Certains de ses confrères comme Taro Saito, analyste chez Nissay Research, ont toutefois rapidement douché les espoirs d’embellie, en indiquant que la croissance n’excédera pas 1 % au premier trimestre 2008 compte tenu de la conjoncture mondiale. L’état de cette dernière pousse d’ailleurs le marché à débattre du futur niveau des taux d’intérêt de la banque centrale, qui a signalé aux entreprises que la faiblesse du dollar ou les prix des matières premières allaient peser sur leurs résultats.

Les autres indicateurs virent au rouge. Qu’il s’agisse des investissements immobiliers, de l’inflation, des investissements en biens manufacturiers et en équipements, ou de la confiance des consommateurs, tous sont soit moins bons que prévu, soit en net repli. Même du côté des obligations, les chiffres sont en baisse, avec des achats nets de la part des investisseurs étrangers moitié moins élevés en février qu’en janvier, à 944,5 milliards de yens (6 milliards d’euros). En outre, le rejet, par la Chambre haute de l’assemblée, de la candidature de Toshiro Muto à la tête de la Banque du Japon fragilise la crédibilité de l’économie nippone.

Pour restaurer la confiance, le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda entend développer de nouvelles mesures. Il a ainsi demandé aux entreprises de faire un effort sur les salaires, qui ont reculé de 11 % sur les dix dernières années. Cela étant, si toutes les entreprises font la même «mauvaise blague» que Toyota, qui a augmenté ses salariés de 1.000 yens (6,3 euros) par mois, l’économie n’est pas près de repartir, indique Takehiro Sato chez Morgan Stanley. Enfin, Tomoko Fuji, chez Bank of America, s’alarme de l’état de l’économie japonaise. «La situation a dramatiquement changé depuis le début de l’année» a-t-il déclaré, évoquant le retournement des cycles de profits et de production.

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