Casino se décide à franchir le seuil des 50 % dans Super de Boer

le 29/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que des spéculations ont par le passé entouré le néerlandais, Casino précise qu’il n’est pas tenu par la réglementation de lancer une OPA

Le feuilleton durait depuis 2002 lorsque Casino avait fait son entrée dans Laurus (rebaptisé Super de Boer). Cette fois, le distributeur français s’est décidé à exercer son option d’achat sur 6 % du capital (exerçable du 1er janvier 2008 au 31 mars 2009).

Financièrement, l’opération restera modeste. Pour passer à 51 %, Casino rachètera à Amber 7 millions d’actions à 3,8 euros, soit une facture de 27 millions d’euros. Mais elle a une portée symbolique. Casino avait à plusieurs reprises par le passé obtenu la modification du calendrier de son option d’achat. La dernière fois, en juin, un analyste y avait vu le signe que « le redressement de Laurus (n’était) pas encore assez prometteur ». De fait, Casino avait précisé qu’il devrait opter pour une consolidation globale dès la période d’exercice ouverte.

Après l’entrée en vigueur de l’intégration globale (depuis le 1er janvier dernier), on peut donc déceler dans cette montée à 51 % le signe que Super de Boer va mieux et que du point de vue de Casino toutes les conditions sont réunies pour réaliser une bonne opération : un «prix faible de Laurus compte tenu des développements récents sur le marché alimentaire aux Pays-Bas ainsi que d’une restructuration bien engagée par le nouveau management de Super de Boer», détaille Aurel.

Les chiffres prouvent les progrès réalisés. Après avoir perdu 66 millions d’euros en 2005 et 45 millions en 2006, Super de Boer a prévu d’atteindre l’équilibre sur 2007. L’opérationnel suit la même direction puisqu’aux pertes de 2005 et 2006 a succédé un léger bénéfice au premier semestre 2007, qui s’est traduit par une marge de 1 %.

A priori, malgré les progrès réalisés, cette marge (encore quatre fois plus faible que celle de Casino) devrait tirer la rentabilité vers le bas. Néanmoins, cela ne « devrait pas impacter significativement les comptes », rappelait récemment Credit Suisse, en faisant référence à la taille limitée de Super de Boer (6 % du chiffre d’affaires de Casino).

Si du côté des actionnaires du néerlandais, on peut voir dans ce mouvement de Casino une marque évidente de confiance (le titre a gagné 13 %), le groupe a en revanche apporté une précision de taille. Il y a quelques mois des rumeurs de retrait de la cote ont fait surface. Or, le distributeur français a rappelé hier que la réglementation locale « ne prévoit pas d’obligation pour Casino de réaliser une offre publique d’achat ».

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