La Caisse des dépôts se dote d’une doctrine d’investissement

le 19/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La publication de ces règles intervient alors que l’institution est sollicitée de toutes parts

En près de deux siècles d’existence, la Caisse des dépôts et consignations n’avait jamais vraiment formalisé ses règles d’investissement. C’est désormais chose faite. L’institution de la rue de Lille vient de rendre publique sa «doctrine d’action», qui présidera à ses deux métiers d’investisseur financier et d’intervenant dans des missions d’intérêt général.

Ces règles ont été approuvées dès septembre par la Commission de surveillance de la CDC. Leur publication aujourd’hui ne doit rien au hasard, à l’heure où les ressources de l’institution sont sollicitées de toutes parts par les pouvoirs publics. La CDC a notamment renfloué Dexia, a doté pour moitié, soit 10 milliards d’euros, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) voulu par Nicolas Sarkozy, et vient d’être appelée à financer les besoins de La Poste.

Dans l’esprit de leurs promoteurs, les doctrines d’investissement arrivent donc à point nommé. «Il est important de savoir ce que la Caisse des dépôts fait et ce qu’elle ne fait pas», souligne Augustin de Romanet, son directeur général, dont le début de mandat en 2007 avait été pollué par les conséquences de l’affaire EADS – un investissement décidé par son prédécesseur.

Ce cadre devrait s’appliquer à quelque 25 milliards d’euros de participations en actions. Le FSI élaborera sa propre doctrine, qui s’appliquera donc aux lignes apportées par la CDC. «On voit mal la doctrine du FSI s’éloigner de celle de la Caisse des dépôts», souligne le député Michel Bouvard, président de la Commission de surveillance de l’institution.

Le document d’une quinzaine de pages élaboré par la CDC fixe quelque grandes principes: la Caisse investit à long terme, plutôt au-delà de cinq ans, avec un objectif de rentabilité, intervient en priorité sur le territoire français, prend des tickets minoritaires, et s’implique dans la gouvernance de ses participations stratégiques. Aucun secteur d’activité n’est privilégié ou exclu, comme le font certains fonds de pension. 

La doctrine se fait aussi plus précise concernant les investissements d’intérêt général: conditions d’intervention, liquidité, par exemple pour le rachat des parts dans les sociétés d’économie mixte. Un moyen, aussi, de cadrer les négociations avec les élus locaux.

Concernant le FSI : lire dans notre rubrique «L'Essentiel» la nomination de son DG Gilles Michel.

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