La BCE reste fixée sur le risque inflation

le 11/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Coté perspectives de croissance, la position du président de la BCE demeure inchangée, avec toutefois un risque de baisse. « Les fondamentaux de l'économie de la zone euro sont sains, a précisé Jean-Claude Trichet, la réévaluation en cours des risques reste accompagnée d'incertitudes ». Selon lui, la croissance du PIB réel dans la zone est conforme au potentiel. Ce dernier a précisé que la principale priorité du Conseil des gouverneurs était « que les anticipations inflationnistes à moyen terme et à long terme restent fermement ancrées conformément à la stabilité des prix ». En première estimation, l’inflation s’élevait à 3,1 % en décembre, son plus haut niveau depuis plus de six ans, au-dessus de son objectif d’inflation à moyen terme de 2 %. Beaucoup d'observateurs jugeaient cependant hier que le ton restrictif de la BCE est avant tout sémantique.

Car dans le même temps, des signes de ralentissement se manifestent. Hier, la production industrielle française en novembre a été publiée en recul de 1,5 %, après une hausse le mois précédent, pénalisée par une production automobile en fort retrait. Pour Bank of America, qui fait référence dans une note au recul des ventes au détail en octobre et en novembre, « les données confirment que pour la zone euro, la flambée des prix élevés du pétrole et des aliments est un problème beaucoup plus important qu’un euro fort ou que la débâcle des marchés de crédit et monétaire et les inquiétudes sur l’économie américaine ».

 

La politique monétaire de la BoE qui, elle, n'a pas procédé à deux baisses de taux consécutives depuis la fin 2001, soulève encore des interrogations puiqu'elle n’a pas commenté son statu quo à 5,50 %. Au yeux de Lehman Brothers, les développements sur les marchés financiers depuis la réunion de décembre peuvent constituer l’une des raisons du maintien des taux. La banque évoque les signes de normalisation sur le marché monétaire avec un taux Libor 3 mois redescendu à 5,63 % contre un pic le 5 décembre à 6,65 %. Elle table sur une réduction des taux britanniques de 25 pb en février lors de son prochain rapport d’inflation, mais n’écarte par un geste de 50 pb en cas de détérioration des conditions de marché ou d’une large révision à la baisse des projections de croissance trimestrielle de la BoE.

Au bout du compte, l'inaction des deux banques centrales, associée aux propos de Ben Bernanke évoquant hier soir « la possibilité d’actions significatives supplémentaires visant à soutenir la croissance américaine », ont mis sous pression le dollar. L’euro/dollar, qui se traitait sous les 1,47 hier matin, a dépassé les 1,48.

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