« La BCE pourrait baisser ses taux dans le courant du printemps »

le 28/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

explique Alexandre Bourgeois, chef économiste adjoint chez Natixis

L’Agefi : vous tablez sur un maintien du statu quo monétaire de la BCE au cours des trois prochains mois alors que la Fed a fortement baissé les siens et que la croissance en zone euro risque d’être plus modérée que prévu. Pourquoi ?

Alexandre Bourgeois : Si l'on en croit les dernières déclarations très « dures » de Jean-Claude Trichet, il semble difficile d’imaginer la BCE baisser ses taux rapidement. En effet, malgré la faiblesse de la consommation, la modération salariale et l’euro fort, les craintes inflationnistes du président de la BCE restent fortes. Pour autant, comme la croissance de la zone euro devrait repasser significativement sous les 2 % en 2008 et comme la situation des banques européennes devient problématique, l’institution européenne devrait suivre le pas de ses homologues américaine et britannique, mais avec un peu de retard. A l’image de ce qu’on avait observé en 2001, malgré une inflation supérieure à sa cible, la BCE pourrait ainsi baisser ses taux dans le courant du printemps, pour porter son taux refi à un niveau de 3 % en fin d’année.

Le rythme et l’ampleur de l’assouplissement monétaire aux Etats-Unis vous semblent-ils suffisants pour soutenir l’économie outre-Atlantique ?

Après avoir déjà baissé ses taux de 175 points de base depuis septembre, la Fed devrait continuer sur cette voie. Les risques de récession étant aux yeux de la banque centrale bien plus forts que ceux d’une spirale inflationniste, les taux des Fed funds devraient ainsi être portés à 2,50 % dès le début du printemps. Cette baisse, conjuguée au plan budgétaire de l’administration Bush (à hauteur de 1 % du PIB), devrait être suffisante pour éviter une récession, mais pas un très fort ralentissement (progression nulle du PIB au premier semestre).

A lire aussi