Les banques américaines vont renforcer leur contrôle interne

le 07/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La fraude massive ayant eu lieu au sein de la Société Générale pourrait ne pas épargner les places boursières américaines

Les banques américaines réexaminent leurs procédures de contrôle internes après l'affaire de la Société Générale, a déclaré un haut responsable des autorités de tutelle bancaires américaines mercredi. «Toutes les firmes revoient leurs contrôles avec minutie», a dit John Dugan, qui dirige l'Office du Contrôleur de la monnaie (OCC), dans le cadre d'un sommet organisé par Reuters sur la régulation. «Il va sans dire que nous avons eu des questions concernant les firmes que nous régulons et qu'un réexamen est en cours afin de déterminer si elles ont mis en place les contrôles idoines et les systèmes pour traiter cela», a-t-il affirmé, ajoutant que son agence, qui fait partie du Trésor américain, ne prévoyait pas à ce stade d'émettre de nouvelles directives sur la gestion du risque suite aux transactions illicites ayant eu lieu à la Société Générale. Il a refusé de faire un commentaire sur l'identité des banques en question, mais indiqué qu'elles s'étaient "creusé la tête" au cours des derniers jours pour tenter de déterminer si les pertes de la SocGen relevaient des agissements d'une seule personne ou de plusieurs. «Elles essaient de voir si ce faisceau précis d'infractions aux contrôles pourrait se produire dans leurs propres institutions», a-t-il précisé.

Walter Lukken, président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a déclaré de son côté hier avoir des discussions avec les sociétés de trading de produits dérivés qu'elle contrôle afin de s'assurer que toutes avaient mis en place des procédures et des filets de sécurité pour éviter des transactions non autorisées. Il a toutefois souligné qu'il ne pouvait encore écarter l'idée que les transactions réalisées par Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale à qui la perte record de 4,9 milliards d'euros est imputée, aient pu avoir un lien avec les places américaines. Il a ajouté que la CFTC s'était entretenue avec des entités affiliées à la Société générale, parmi lesquelles le groupe de courtage Newedge, sans donner d'autres précisions. Newedge, issu de la fusion de Fimat et de Calyon Financial, filiales respectives de la Société Générale et du Crédit agricole, avait déclaré fin janvier qu’elle ne serait pas touchée par la fraude massive annoncée par la SocGen. Cette dernière fait désormais l’objet d’une enquête préliminaire qui vient d’être ouverte par la SEC, le gendarme boursier américain.

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