Baisse de 10 % du bénéfice trimestriel d’American Express

le 29/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La clientèle aisée ciblée par le groupe ne l’a pas immunisé contre le risque de crédit

American Express a annoncé lundi une baisse de 10% de son bénéfice au quatrième trimestre, en raison d'une charge liée à l'augmentation des réserves destinées à couvrir des créances douteuses. La hausse de 10 % du produit net bancaire qui a atteint 7,36 milliards de dollars a manqué le consensus de 6 %, le bénéfice net ressortant à 831 millions de dollars ou 71 cents par action, tout comme le bénéfice des opérations poursuivies conforme aux attentes du marché.

A l’instar de Citicorp, Bank of America ou JP Morgan qui ont également constitué des provisions à cet effet, American Express avait pré-annoncé le 10 janvier la constitution d’une charge de réserves de 274 millions de dollars après impôt, destinée à compenser la dégradation de la qualité de paiement de sa clientèle, particulièrement en Californie et en Floride; ceci a inquiété les investisseurs qui considéraient American Express moins sensible au ralentissement économique américain. Le taux de provisionnement est ainsi passé en un an de 3,3 % à 4,3 % sur son portefeuille de clients aux Etats-Unis. Le groupe a de plus bénéficié du règlement d’une procédure antitrust avec Visa Inc. qui lui a rapporté 536 millions de dollars, alors que les bénéfices de son activité de carte de crédit ont été quasi nuls et qu’il a enregistré une perte de 68 millions sur les cartes émises à l’international.

«Ils continuent à engranger des clients, mais pas les meilleurs» commente t-on à New York chez Keefe, Bruyette & Woods. Ceci n’est pas contredit par le directeur général d’American Express Kenneth Chenault qui a déclaré «nous ne sommes pas immunisés contre une nouvelle détérioration de la situation économique ou du crédit», cherchant toutefois à rassurer le marché en ajoutant «nous pensons que notre focalisation sur le haut de gamme devrait nous aider à surmonter la conjoncture actuelle mieux que bon nombre de nos concurrents». Chenault se veut "prudent" pour 2008 avec une croissance des résultats ralentie par rapport à l’ensemble de l’année 2007 où le bénéfice a crû de 8% à 4,01 milliards de dollars. La rentabilité des capitaux propres est passée de 34,6 % à 37,3 % d’une année sur l’autre.

L'action a chuté de 3,3% en après-Bourse à 45,84 dollars, après avoir terminé en hausse de 4,3% en séance. Elle a perdu 18% durant l'année écoulée contre un recul de 27 % de l'indice Dow Jones du crédit à la consommation.

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