Des avis partagés sur les perspectives des services informatiques

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si IBM a rassuré le marché avec des prévisions de bénéfices supérieures aux attentes, les incertitudes économiques appellent à la prudence

Tout ne va pas si mal outre-Atlantique ! Tablant sur des bénéfices supérieurs aux attentes du marché pour 2008, IBM devrait tirer l’ensemble du secteur informatique cette année. Le géant mondial des services informatiques vise une croissance de 15 à 16 % de ses résultats, soit un bénéfice par action compris entre 8,20 et 8,30 dollars, largement au-dessus des 7,91 dollars du consensus Reuters Estimates. A horizon 2010, IBM vise toujours un BPA de 11 dollars. « A ce stade aucune SSII ni éditeur n’a constaté le moindre signe de ralentissement, écrivent les analystes du CM-CIC Securities. Et nous ne croyons pas à un effondrement brutal de la demande au premier semestre 2008 après un quatrième trimestre qui se révèle particulièrement bon. »

Néanmoins, « la croissance des investissements informatiques est liée à la croissance du PIB, rappelle Brice-François Thebaud, analyste chez Aurel. Aussi, seules de bonnes nouvelles macroéconomiques permettront de revenir avec confiance sur le secteur ». D’ailleurs, certains chiffres d’IBM invitent à la prudence, notamment les signatures de contrats de services, qui sont en recul de 13 % d’une année sur l’autre, avoue le géant américain, tout en invoquant un niveau très soutenu au quatrième trimestre.

« Dans un premier temps, les acteurs les plus touchés seront logiquement les plus exposés au marché américain, à l'instar de SAP et de Capgemini. Toutefois, installé sur une niche, Capgemini pourrait résister à la crise. En revanche, SAP pourra-t-il réitérer ses bonnes performances de 2007 ? », s'interroge Brice-François Thebaud.

Alors que l’incertitude pèse sur l’éventualité d’une récession outre-Atlantique, les émetteurs se veulent très prudents. Notamment l’indien Wipro a manifesté son inquiétude en fin de semaine, évoquant le risque de pertes de gros contrats aux Etats-Unis. Et si Intel n’a pas constaté de ralentissement de son activité américaine au quatrième trimestre, ses estimations pour le début d’année ont déçu le marché.

Pourtant, « dans l’hypothèse où le ralentissement anticipé se concrétiserait, la croissance du secteur serait comprise entre 3 et 4 % en 2008 et la plupart des grandes sociétés de services informatiques seraient capables de préserver leurs marges, voire de les améliorer légèrement », conclut CM-CIC.

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