Aer Lingus souhaite Air France-KLM comme chevalier blanc face à Ryanair

le 15/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La compagnie franco-néerlandaise pourrait ainsi gagner des créneaux horaires sur Heathrow, mais sa priorité devrait rester Alitalia

Un nouveau dossier pour Air France-KLM? Alors que les discussions se poursuivent entre Alitalia et la compagnie franco-néerlandaise, Aer Lingus fait un appel du pied à Air France-KLM pour contrer l’offre de Ryanair. Dans un entretien à l’Irish Times, le président d’Aer Lingus, Colm Barrington a dit vouloir rechercher un investisseur, et Air France-KLM «serait une meilleure option que Ryanair», a déclaré le patron de la compagnie irlandaise. Pour sa part, Air France-KLM s’est refusé à tout commentaire. Aer Lingus n’exclut pas un partenariat avec un fonds de capital-investissement et envisage même une émission d’actions nouvelles pour diluer la participation de Ryanair dans la compagnie aérienne.

Au début du mois, Ryanair avait dévoilé son intention de lancer une OPA en numéraire sur son compatriote Aer Lingus, dont il détient déjà 29,82% du capital, au prix unitaire de 1,40 euro. Une opération qui valorise la cible à 748 millions d’euros. Néanmoins, depuis le 5 décembre, le cours évolue au-dessus du prix de l’offre.

Pour Ryanair, le gouvernement irlandais devrait saisir cette opportunité, lui permettant de ramasser 188 millions d’euros au titre de sa participation de 25% dans Aer Lingus. Toutefois, l'Etat «devrait être très très prudent sur la façon de céder cet actif national de grande valeur», a déclaré, Brian Lenihan, ministre des Finances irlandais. «Le gouvernement irlandais refuse le contrôle d’Aer Lingus par Ryanair, précise un analyste. Ryanair serait alors en situation de monopole et le gouvernement irlandais souhaite un minimum de concurrence avec au moins deux opérateurs aériens». En 2006, Ryanair avait déjà dû renoncer à une première offre à 2,80 euros par action, pour des raisons de concurrence.

«Quel avantage aurait Air France-KLM à s’engager dans une telle aventure? s’interroge un expert. Aucune synergie n’est envisageable et cette acquisition ne constitue pas un enjeu stratégique pour le groupe français. Toutefois, Air France récupérerait ainsi des slots [créneaux horaires, ndlr] sur Heathrow, permettant à la compagnie franco-néerlandaise de concurrencer British Airways sur son propre terrain». Mais, pour le moment, «la priorité d’Air France reste Alitalia », conclut un analyste.

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