Les acteurs du private equity européen élargissent leur terrain de jeu

le 29/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Face à la frilosité des banques dans le contexte de crise actuel, certains professionnels partent à la conquête de nouvelles zones géographiques

Dans le sillage de la crise, le marché du private equity, aux Etats-Unis mais également en Europe, a marqué un coup d’arrêt. «Le resserrement des conditions d’emprunt, en particulier aux Etats-Unis, a mis un frein à la conclusion d’accords, ce qu’illustrent notamment l’annulation et l’ajournement de plusieurs transactions de buy-out, ainsi que les difficultés croissantes rencontrées pour financer la dette liée aux opérations conclues», explique William Pryor, vice-président de State Street. Un contexte qui conduit dès lors des professionnels à regarder au-delà de leur terrain de jeu habituel.

BC Partners a ainsi annoncé mi-février la réalisation de sa première opération en Turquie, via un LBO réalisé pour 3,2 milliards de dollars sur la chaîne de distribution nationale Migros. Face à des banques européennes actuellement frileuses dans le domaine du financement, le fonds d’investissement britannique a évité toute syndication et a eu recours à trois banques locales - Garanti, Isbank et Vakifbank - qui ont chacune souscrit un tiers de la dette. Plusieurs candidats, parmi lesquels KKR, étaient en lice sur cette opération. «Lorsqu’il y a moins d’opérations en Europe de l’Ouest, on regarde ailleurs», souligne un professionnel.

Le fonds européen Candover se tourne de son côté vers l’Asie où il a annoncé cette semaine l’ouverture de son premier bureau. «Jusqu’à ce jour, Candover a presque entièrement investi ses fonds LBO en Europe, mais nous pensons que c’est le moment d’examiner les opportunités que l’Asie peut apporter pour accroître la valeur pour les actionnaires de Candover, a déclaré Gerry Grimstone, président de Candover. Le marché asiatique est un des marchés les plus intéressants pour le capital-investissement en termes de potentiel de croissance.»

L’Asie représente en effet «un marché encore jeune», qui dispose «d’un important potentiel de croissance», estime Crédit Agricole Asset Management Capital Investors (CAAM-CI). Aux yeux de la société de gestion, «les nombreuses réformes mises en place et l’évolution des mentalités devraient permettre la poursuite de la tendance actuelle, à savoir un développement rapide du marché avec une forte croissance des montants et une sophistication des opérations».

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