3i mise sur son modèle pour braver la crise des marchés de crédit

le 17/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La présence de la société d’investissement sur des segments du private equity autres que le LBO constitue notamment un atout différenciant

La crise du crédit, survenue durant l’été, a coïncidé avec l’arrivée, à la tête de 3i France, de Bruno Deschamps. Une situation que la nouvelle recrue de la société d’investissement entend affronter avec sérénité. « Si on exclut un scénario catastrophe, il n’y a pas de raison fondamentale pour que le marché du LBO s’arrête. La liquidité n’a jamais été aussi importante et la classe d’actifs a démontré historiquement sa surperformance », a déclaré le directeur général à l’occasion d’une première rencontre avec la presse.

3i mise avant tout sur son modèle. L’activité du LBO a certes marqué un coup d’arrêt. Pour autant, le positionnement de 3i sur le segment du upper middle market (fourchette haute des moyennes capitalisations) le rend moins vulnérable à la crise. « On pense que jusqu’à un milliard d’euros de valeur d’entreprise, il y a du financement, d'autant plus que 3i entretient des relations de confiance avec les banques, a souligné Bruno Deschamps. De plus, 3i ne dépend pas exclusivement de la dette bancaire. Environ 50 % des opérations de LBO utilisent les ressources du groupe ».

En outre, la présence de 3i sur d’autres segments du private equity (capital-développement et venture) constitue un atout différenciant. « Un nombre réduit d’acteurs est capable de mettre jusqu’à 300 millions d’euros en minoritaire », a relevé le dirigeant. Le groupe entend d’ailleurs renforcer son activité de capital-développement, qui représentait 40 % de ses investissements au premier semestre.

Le groupe a par ailleurs récemment créé deux nouveaux métiers, l’un dans le domaine des infrastructures, avec 413 millions de livres investis à fin septembre, l’autre dans les investissements sur sociétés publiques cotées. « Nous étudions le démarrage de ces deux activités en France et sommes confiants », a indiqué Bruno Deschamps.

Si le marché du capital-investissement se révèle moins porteur depuis quelques mois, 3i juge cette période « assez sereine et réfléchie ». « Nous avons été prudents dans nos investissements et actifs dans le domaine des cessions », a déclaré le directeur général. Sur l’ensemble de 2007, le montant des sorties pour 3i en France s’est élevé à approximativement 200 millions d’euros, contre un peu moins de 300 millions d’euros l’année passée. Les investissements réalisés se sont élevés à une centaine de millions d’euros.

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