Le ralentissement de l’investissement inquiète en Chine

le 14/06/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La croissance des investissements est tombée sous les 10% entre janvier et mai pour la première fois depuis 2000, portée par les entreprises publiques.

L’un des moteurs de la croissance chinoise de ces dernières décennies marque le pas. L’investissement en actifs fixes a ainsi crû de 9,6% sur la période de janvier à mai par rapport à l’année dernière, passant pour la première fois depuis 2000 sous le seuil des 10%. Plus inquiétant encore, ce sont les entreprises publiques qui ont largement contribué à cette performance, enregistrant une hausse de 23,3% sur la période, quand les entreprises privées, qui représentent en moyenne 60% de l’investissement total en Chine, n’augmentaient leurs investissements que de 3,9%. «La dynamique de croissance reste faible, ce qui se reflète dans les chiffres de mai, 67% des 15 indicateurs disponibles étant en baisse, contre 61% de 18 indicateurs en avril», note Yang Zhao, économiste Asie chez Nomura.

Endettement élevé
des entreprises chinoises

La volonté et la capacité des entreprises publiques à investir n’est pas forcément bon signe. David Lipton, premier directeur général adjoint du FMI, s’est exprimé samedi sur les risques que pose le niveau d’endettement élevé des entreprises chinoises, à 145% du PIB. Les entreprises publiques représentent 55% de ce stock de créances mais ne constituent que 22% de l’activité économique, d’après les calculs du FMI. «Ces entreprises sont également bien moins profitables que celles du privé», a-t-il précisé. «Beaucoup d’entre elles sont essentiellement artificiellement maintenues en vie». La Chine doit agir «immédiatement et s’engager à de sérieuses réformes», a-t-il conclu.

Mais le gouvernement chinois semble décidé à maintenir un taux de croissance proche de 6,5% en rythme annuel, quitte à revenir ou à reporter des réformes nécessaires. «Les autorités s’intéressent aux problèmes d’endettement, mais elles semblent confinées à un pas de deux entre soutien à la croissance et réformes économiques», explique Patrick Mange, en charge de la stratégie marchés émergents chez BNP Paribas Investment Partners.

Un ralentissement durable des investissements en capital fixe en Chine aurait des conséquences sur les marchés de matières premières et sur le secteur de la construction, ce qui relance les spéculations sur de nouvelles mesures pour soutenir la croissance. «Les chances d’une baisse du ratio de réserves obligatoires des banques, voire des taux d’intérêts d’ici la fin du deuxième trimestre, sont en hausse», a ainsi remarqué Zhou Hao, économiste chez Commerzbank.

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