Le parlement grec conforte Alexis Tsipras

le 09/05/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une majorité de députés a voté les réformes sur les retraites et la fiscalité. Athènes peut espérer l’ouverture des discussions sur sa dette aujourd'hui à l'Eurogroupe

Le Parlement grec.
(Photo Bloomberg.)

Alors que la Grèce et les ministres des Finances de la zone euro se rencontrent aujourd’hui à l’occasion de l’Eurogroupe pour trouver un accord qui débloquerait le troisième plan d’aide au pays, le Parlement hellénique a voté hier deux projets de réformes concernant les retraites et l’impôt, sur fond de grève générale et de manifestations.

Ce double vote est censé donner de la crédibilité au premier ministre Alexis Tsipras face à ses créanciers, alors que la Grèce doit rembourser environ 5 milliards d'euros de dette arrivant à échéance d'ici à la mi-juillet. Les réformes ont pour objectif de permettre à l’Etat de réaliser 3,6 milliards d’euros d’économies, soit 2% de son PIB, sur les 5,4 milliards demandés par les créanciers –les pays de la zone euro, la BCE et le Fonds monétaire international (FMI)– en échange de la poursuite du plan d’aide.

Dans le cadre du fragile compromis esquissé le 22 avril, la Grèce et l’Eurogroupe doivent notamment discuter aujourd’hui de réformes à instaurer automatiquement si Athènes manquait l’objectif budgétaire pour 2018 (dégager 3,5% d’excédent primaire). Le FMI l’estimant peu crédible car plutôt adapté à un excédent de 1,5%, il souhaite que ces mesures automatiques représentent 2% du PIB.

Dans une lettre envoyée à l’Eurogroupe samedi, le ministre des Finances grec Euclide Tsakalotos a indiqué à ses homologues que les demandes du FMI en la matière sont tout bonnement impossibles à faire passer : « Pouvez-vous m’imaginer aller devant le Parlement et plutôt que de faire voter un plan de 5,4 milliards d’euros, essayer d’en faire voter un de 9 milliards ? ». Selon un projet de protocole ayant circulé samedi et consulté par Bloomberg, les créanciers européens proposeraient des mesures proportionnelles à l’écart à rattraper, sans excéder 2% du PIB grec.

Après Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, qui a appelé à mener des discussions sur un allégement de la dette grecque en même temps que celles sur les réformes, le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel a réclamé samedi que l’Eurogroupe entame dès aujourd’hui les négociations sur un allègement de la dette grecque – ce à quoi s’oppose son homologue aux Finances Wolfgang Schäuble. En écho, le commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici a indiqué hier sur BFM TV que les discussions sur la dette démarreraient aujourd’hui et que des aménagements « techniques », y compris sur les taux d’intérêt et l’échéancier, pourraient être étudiés.

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