La volatilité des actions nourrit l'attentisme vis-à-vis de la Fed

le 03/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La probabilité d'une hausse des taux dès ce mois-ci est tombée à 32%, la Réserve fédérale n'ayant jamais resserré sa politique avec un indice VIX à ce niveau.

Les turbulences boursières de l’été ont fait reculer la probabilité d’une hausse des taux de la Fed dès le 17 septembre. Cette dernière, mesurée par les futures sur Fed Funds, n’est plus que de 32%, alors qu’elle dépassait 50% début août, en attendant la publication décisive ce vendredi des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis.

Les investisseurs font le lien entre l’évolution des Bourses et les taux courts. «Nous assistons actuellement à une très forte corrélation entre les marchés actions et la partie courte de la courbe des taux américains. Les actions, sur une base quotidienne, sont à l’origine du mouvement – toute faiblesse se reflète immédiatement en spéculation sur le fait que la Fed repoussera encore sa première hausse de taux», note Kit Juckes, stratégiste change à la Société Générale.

Ce pari des investisseurs se nourrit d’un autre indicateur, le VIX, l’indice de volatilité des actions américaines. Celui-ci a franchi les 40 points le 24 août et traite encore au-dessus des 30 points. Des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis l’été 2011, et auparavant lors de la faillite de Lehman en 2008, à l’exception d’un bref pic de volatilité en mai 2010. «La Fed n’a jamais remonté ses taux lorsque le VIX ou le CVIX réalisé à 1 mois (indice de volatilité des changes) étaient à leurs niveaux actuels», relèvent les stratégistes de Deutsche Bank. En revanche, un autre indice de volatilité, celui des obligations, le MOVE, évolue aujourd’hui «dans la fourchette des précédents resserrements monétaires de la Fed», ajoute Deutsche Bank. Cet indice développé par Merrill Lynch traite à 75 points, juste en dessous de sa moyenne des cinq dernières années.

Le VIX traite sur des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis l’été 2011. Illustration L'Agefi.
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Le VIX traite sur des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis l’été 2011. Illustration L'Agefi.

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