La suspension d’Ex-Im pourrait pousser Boeing et GE à délocaliser

le 03/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour tenter de ramener à la vie la banque de crédit à l’exportation, les industriels américains mettent l’emploi dans la balance.

Après Boeing, General Electric est le deuxième grand exportateur américain à évoquer des délocalisations d’emplois manufacturiers suite à la cessation des activités de l’Export-Import Bank le 1er juillet dernier. Des élus républicains ont fait du démantèlement de la banque publique à l'export un symbole de la lutte contre le «corporate welfare» et refusent de renouveler la charte nécessaire aux opérations de celle-ci.

Pour sauver l’Ex-Im, les grands groupes américains qui bénéficiaient de ses crédits à l’exportation ont déployé un lobbying intense ces derniers mois. Boeing et General Electric sont en première ligne pour dénoncer les effets sur leurs entreprises de l’absence de financement public. Lors d’une conférence à Washington le 29 juillet, Jim McNerney, co-président de Boeing, a annoncé que l’avionneur cherchait déjà à transférer des «parties importantes» de ses activités dans d’autres pays proposant des crédits à l’exportation.

«Je commence à croire que j’avais tort», a-t-il expliqué à propos de sa décision de favoriser la production en interne aux Etats-Unis plutôt que de sous-traiter à l’étranger. Reuters rapportait jeudi que plusieurs négociations de Boeing étaient négativement touchées par l’incertitude entourant le sort d’Ex-Im, notamment pour des satellites commerciaux.

Chez General Electric, le vice-président en charge des opérations internationales John Rice déclarait jeudi que des contrats pesant plus de 10 milliards de dollars étaient menacés. «On identifie les agences de crédit à l’export qui peuvent nous soutenir et ce n’est pas aux Etats-Unis» indique-t-il. Dans ce cas, la production se ferait dans les usines de pays garantissant les exportations, soit le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Chine ou la Hongrie. D’après les déclarations du dirigeant, GE prend déjà des mesures pour transférer certaines productions hors des Etats-Unis.

Grâce à l’appui du leadership républicain à la chambre des représentants, les dernières tentatives pour relancer la banque ont échoué, notamment l’adjonction d’un amendement à une loi portant sur le financement des infrastructures autoroutières. Avec le début des vacances parlementaires, tout nouvel essai devra attendre septembre. Pour John Rice, «ces gens ne comprennent pas comment fonctionne la mondialisation, ils ne veulent pas le savoir».

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