La question de la dette grecque reste en suspens

le 14/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’Eurogroupe se réunit aujourd’hui pour examiner le protocole d’accord après le vote du parlement grec.

L’Eurogroupe doit valider l’accord conclu entre la Grèce et ses créanciers.

C’est la dernière ligne droite pour la Grèce avant un troisième plan de secours de 85 milliards d’euros sur trois ans. Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent cet après-midi pour valider l’accord conclu mardi matin entre la Grèce et ses créanciers. Au terme de ce protocole (MoU), le pays s’engage à mettre en œuvre les réformes (fiscalité, marché du travail, privatisations, restructuration bancaire…) afin de recevoir rapidement une première tranche de 23 milliards d’euros. Mais la soutenabilité de la dette reste au cœur du débat.

Les perspectives de croissance du pays ne laissent guère de place au doute. Certes le PIB publié hier a surpris favorablement avec une croissance de 0,8% au deuxième trimestre. Mais il ne tient pas compte des effets dévastateurs sur l’activité économique de la fermeture des banques et du contrôle de capitaux instaurés début juillet. D’ailleurs, le MoU prévoit une contraction de 2,3% cette année et de 1,3% l’an prochain avant un retour à une croissance de 2,7% en 2017.

La plupart des économistes soulignent le fardeau de la dette grecque dont le poids (170% du PIB) ne pourra être réduit sans passer par une restructuration. Dans une note publiée fin juin, le Fonds monétaire international (FMI) jugeait sa dynamique peu soutenable compte tenu des évolutions récentes dans le pays. Le FMI évoquait même l’idée d’un allègement si la situation budgétaire du pays venait à se dégrader.

Mais cela l’Allemagne ne veut pas en entendre parler, préférant un allongement des maturités ou/et une réduction des taux d’intérêts. La question de la viabilité de la dette grecque n’est toutefois pas ignorée par la Troïka pour qui un haircut est évitable selon une nouvelle analyse révélée par Reuters : «Au final, une combinaison appropriée d'allongement des maturités et de périodes de grâce pour le principal et les intérêts de la dette permettrait à la Grèce de ramener son endettement à un niveau viable en termes de besoins bruts de financement sans passer par une décote nominale, comme cela a été dit lors du sommet de la zone euro du 12 juillet». La question de la soutenabilité de la dette et de sa restructuration ne devrait pas être soulevée avant octobre, quand le premier examen du troisième plan sera réalisé, et seulement si ce dernier est positif.

Au cours de la nuit dernière, les députés grecs devaient approuver cet accord. Si le premier ministre Alexis Tsipras fait face à la fronde de parlementaires de son propre parti, il peut compter sur certains membres de l’opposition. Côté européen, l’Allemagne, qui réclame plus de garanties de la part de la Grèce, est esseulée. Même la Finlande, farouche opposante à ce nouveau renflouement, s’est prononcée hier favorablement à l’accord.

Faute d’un feu vert politique avant la date du 20 août, à laquelle la Grèce doit rembourser 3,2 milliards d’euros à la Banque centrale européenne, le pays pourrait bénéficier d’un nouveau prêt relais après celui de 7,1 milliards obtenu fin juillet. Mais ce délai pourrait avoir de graves conséquences sur l’économie et sur les banques.

«Si la première tranche d’aide n’était pas débloquée rapidement, l’économie continuerait de se dégrader, entraînant pour les banques un surcroît de créances douteuses et une augmentation du coût de leur recapitalisation, souligne Alberto Gallo, stratégiste crédit chez RBS. Par ailleurs, ces dernières seraient dans l’incapacité de fournir des prêts, ce qui aurait des conséquences néfastes sur l’économie et provoquerait une augmentation du ratio de dette/PIB de la Grèce».

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