Les marchés guettent tout signe d'une hausse des taux imminente de la Fed

le 06/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les chiffres de l'emploi pour le mois de juillet publiés vendredi seront décisifs pour ajuster les anticipations d'un premier geste en septembre.

Les marchés sont très sensibles à tout signe d’imminence du lancement du processus de resserrement monétaire de la Fed. Les propos du président de la Fed d’Atlanta et membre votant du FOMC, Denis Lockhart, trois jours avant la publication des chiffres mensuels de l’emploi américain, estimant que l’économie est prête pour un relèvement des taux dès septembre, ont entraîné une hausse du rendement des Treasuries à 2 ans de 10 pb, à 0,74%. A ce niveau, il rejoint son plus haut niveau depuis avril 2011, déjà atteint fin décembre.

Si Denis Lockhart, qui a une vision modérée au sein du FOMC, indique que cela ne constituerait pas «une grave erreur de politique d’attendre un peu plus» alors que son homologue Jerome Powell a ajouté que rien n'était encore décidé, il a précisé qu’«il faudrait une sérieuse détérioration de l’environnement économique pour que je ne sois plus incité à aller dans cette direction».

Dans ce contexte, «le marché devrait analyser les chiffres de l’emploi comme le point central de la décision d’un relèvement des taux en septembre», estime Citigroup. Si les attentes du consensus se concentrent entre 200.000 et 230.000 créations de postes en juillet, les chiffres ADP ont font état hier d’un chiffre en baisse et sous les attentes de 185.000, après 229.000 en juin. Les dernières minutes du FOMC ont pourtant évoqué «une certaine amélioration sur le marché du travail» comme nécessaire pour enclencher son cycle de resserrement. Citigroup estime qu’une baisse du taux de chômage de 0,5 point par an nécessiterait des créations moyennes d’emplois de 120.000 à 200.000 par mois. Or, la moyenne sur douze mois glissants est restée supérieure au seuil des 200.000 depuis avril 2014, avec un rythme de 3 millions par an et une baisse du taux de chômage de 0,8 point sur un an, qui est revenu à 5,3%.

Un chiffre supérieur à 230.000 pourrait ainsi faire vivement réagir les marchés en faveur d’un premier geste de la Fed en septembre, estime Citigroup. «Le mois de septembre représente la meilleure fenêtre d'opportunité pour une hausse des taux, aucune conférence de presse n’étant prévue à la réunion d’octobre et celle de décembre étant marquée par l'illiquidité traditionnelle du marché monétaire en fin d’année», explique RBS.

Les contrats euro-dollar ont certes décalé de 5 pb depuis mardi sur les échéances d’ici à la fin de l’année mais restent plus prudents en tablant sur une hausse de taux Fed funds entre octobre et décembre.

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