«L’écartement observé sur les spreads constitue un bon point d’entrée»

le 22/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Julien Daire, responsable de la gestion crédit chez CPR AM

- L'Agefi : L’attrait du marché du crédit est-il remis en cause par la hausse des rendements d’Etat ?

- Julien Daire : Les émetteurs corporates restent attractifs dans une optique d’investissement à moyen terme. En effet, la normalisation de la croissance en zone euro est bénéfique pour la classe d’actifs dans son ensemble. En outre, les émetteurs, dans leur majorité, présentent des fondamentaux solides. Toutefois, à court terme, il ne faut effectivement pas négliger l’impact des chocs de taux et d’un possible «sell-off» obligataire dans un contexte de conditions de liquidité dégradées. L’écartement observé sur les spreads ainsi que les tensions sur les taux nous paraissent de bons points d’entrée une fois le dossier grec résolu et avec une meilleure visibilité sur le premier relèvement de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

- Quel segment résiste le mieux ?

- Si la nouvelle hausse des taux et le regain de volatilité de début juin sur les obligations souveraines n’a pas épargné le crédit, les segments ayant le plus souffert sont ceux qui avaient été le plus achetés auparavant, ce qui correspond probablement à des prises de profits dans un contexte fortement perturbé par le dossier grec. Le haut rendement (high yield) qui avait mieux résisté que l’investment grade au mois de mai est cette fois-ci attaqué, mais plus spécifiquement sur les titres BB, qui avaient reçu la faveur des investisseurs depuis le début de l’année, devant le B et les CCC. Du point de vue géographique, à l’image du comportement des dettes souveraines, ce sont les émetteurs des pays dits périphériques qui souffrent le plus, en particulier les financières.

Panel Crédit. Illustration L'Agefi.
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Panel Crédit. Illustration L'Agefi.

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