La gestion d’actifs génère des profits record mais ses marges baissent

le 29/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les coûts de l’industrie de la gestion croissent aussi vite que les encours, qui ont atteint un niveau inédit l’an dernier, selon McKinsey.

Pour la gestion d’actifs mondiale, 2014 est l’année de tous les records, ou presque. Le secteur n’a jamais été aussi profitable, selon l’enquête annuelle du cabinet McKinsey sur le secteur publiée aujourd’hui. «Pour la première fois, les profits de l’industrie en Europe de l’Ouest ont dépassé leur niveau de 2007», explique Jonathan Klein, co-auteur du rapport.

Les sociétés de gestion du Vieux Continent ont dégagé 11,2 milliards d’euros de bénéfices au cours de l’exercice écoulé, celles d’Amérique du Nord 30,3 milliards, et celles des pays émergents 8,4 milliards.

Si les profits sont au plus haut dans les trois régions, les marges sur encours n'ont pas renoué avec la situation d’avant la crise financière de 2008, même dans les marchés émergents. Depuis, la base de coûts des sociétés de gestion a crû globalement de 44%. La bataille commerciale continue de faire rage dans certaines régions, les produits et modèles opérationnels sont de plus en plus complexes et le coût de la régulation alourdit les dispositifs. «Les coûts informatiques et opérationnels continuent d’augmenter, notamment en Europe en prévision de la directive MIF 2 sur la protection des épargnants, mais les dépenses liées au digital restent encore très faibles», déplore Jonathan Klein.

«Dans tous les domaines, les charges augmentent à peu près au même rythme que les encours en Europe et aux Etats-Unis», poursuit le consultant. Pour McKinsey, «cela signifie que l’industrie a échoué à profiter du potentiel de levier opérationnel inhérent au business model de la gestion d’actifs». En d’autres termes, à gérer plus d’actifs à coût égal.

L’an dernier, les encours sous gestion ont battu un nouveau record pour atteindre 57.000 milliards de dollars, soit 5.000 milliards de plus qu’en 2013. Cette troisième année de hausse consécutive est due au rebond des Bourses et à des flux nets égaux à 3,3% des encours. «Depuis la crise, la collecte oscillait plutôt entre -2% à +2% des encours», indique Jonathan Klein. La dynamique s’améliore en Europe (+4%), tandis que le marché nord-américain revient en territoire positif, porté par les épargnants individuels.

La Chine concentre l’essentiel des flux des pays émergents grâce aux plates-formes en ligne de fonds monétaires, comme celle lancée par le site Alibaba et Tianhong AM. Enfin le Japon reste dans le rouge, les fonds de pension nippons ayant retiré 106 milliards de dollars l’an dernier.

A lire aussi