Le fonds souverain norvégien va nettoyer ses participations dans l'énergie

le 29/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans le cadre d’un accord conclu avec le Parlement, il devra céder 5 milliards de dollars de participations dans des sociétés exposées au charbon.

Le secteur énergétique risque de perdre un de ses plus gros investisseurs. Norges Bank IM, le fonds de pension public norvégien et plus gros fonds souverain au monde avec quelque 890 milliards de dollars d’actifs, dont environ 1,3% de la capitalisation mondiale à la fin 2014, va ainsi être contraint de se désengager des entreprises qui consacrent une part substantielle de leur activité à la production de charbon, dans le cadre d’un accord conclu mercredi soir avec le Parlement.

Le montant des cessions à réaliser par le fonds dans les prochains mois pourrait se monter à environ 5 milliards de dollars et devrait concerner entre 50 et 75 participations actuellement détenues par le fonds dans des utilities, selon les estimations fournies hier par le ministre des finances du pays, Siv Jensen.

Parmi les entreprises concernées, utilisant plus de 30% de charbon dans leur production énergétique et faisant toutes trois parties des dix plus gros investissements du fonds, figurent notamment l’allemand RWE, le britannique SSE, le suédois Vattenfall et l’américain Duke Energy. En début d’année, Norges Bank IM a envoyé des lettres aux groupes dans lesquels il détient ses participations les plus importantes, dont l’allemand E.ON, leur demandant de fournir davantage d’informations sur leur stratégie de réduction de leur dépendance au charbon. Le fonds devrait être en mesure de conserver ses investissements dans les sociétés satisfaisant aux nouveaux critères, qui seront mis en place en début d’année prochaine sous le contrôle de la banque centrale norvégienne qui gère le fonds souverain.

Pour des raisons cette fois strictement financières, NBIM avait déjà entamé un processus de désengagement ces dernières années dans des entreprises énergétiques spécialisées notamment dans l’extraction de charbon, dans les sables bitumineux ou dans la production de ciment. Il estimait que leur modèle économique n'était plus tenable en raison de l'impact environnemental ou climatique et de risques réglementaires devenus trop importants.

Dans son premier rapport sur l’investissement environnemental publié début février, le fonds révèle que ce sont ainsi 32 sociétés qui ont été retirées de son portefeuille de participations l’an dernier. Un processus de cessions qui n’a néanmoins pas conduit à une baisse de son exposition globale au secteur.

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