Le fonds souverain norvégien s’inquiète de la liquidité du marché actions

le 10/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon le véhicule aux 875 milliards de dollars d’actifs, les marchés mondiaux sont de plus en plus concurrencés par le capital-risque et le private equity.

Le plus gros fonds souverain du monde distribue les bons et les mauvais points. Dans un rapport publié vendredi et intitulé «Role of exchanges in well-functionning markets», le fonds norvégien aux 875 milliards de dollars d’actifs fait part de ses inquiétudes sur la liquidité du marché actions et sur la montée en puissance du capital-risque et du private equity dans le financement des entreprises.

«S’ils doivent réaffirmer leur rôle central, ils (les marchés) doivent s’adapter et innover pour améliorer leur attractivité envers les investisseurs institutionnels qui ont supplanté les très nombreux petits investisseurs», écrit la Banque de Norvège qui gère ce fonds.

Conséquence directe de cette perte d’attractivité, la banque observe la faiblesse des introductions en bourse depuis une dizaine d’années. Entre 2003 et 2014, il y a eu 20% d’introductions en moins aux Etats-Unis. Sur les marchés Euronext et Deutsche Börse c’est même 30% de moins, selon elle.

«Ont-ils réussi à maintenir une prime de liquidité attractive, ou le capital-risque et le private equity ont-ils gagné la partie ?», s’interroge la banque qui encourage les marchés à développer de nouvelles solutions pour rendre le secteur plus attractif. Elle cite notamment les progrès réalisés dans le trading sur de nombreux lots d'actions, notamment par les bourses de New York ou de Londres. Ces initiatives «améliorent la disponibilité et la liquidité» du marché, mais ne sont pas suffisantes, selon l'institution.

La banque s’interroge également sur l’intérêt de la vitesse dans le marché du trading. Soulignant que la modernité technologique a permis d’améliorer la compétitivité et de diminuer les coûts d’exécution des ordres, elle pourrait, si elle dépasse les limites humaines, devenir «extrêmement coûteuse et contre-productive». Réagissant à l'émergence du trading à haute fréquence dans les échanges, la banque de Norvège affirme qu'elle «n'est pas persuadée que ce soit dans l'intérêt de l'industrie financière et des investisseurs».

Le fonds norvégien est l'un des plus grands acteurs sur les marchés mondiaux. Il investit à 60% sur le marché actions, à 35% sur le marché obligataire et à 5% dans l’immobilier. Il possède à lui seul 1,3% de la capitalisation boursière mondiale.

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