Le fonds souverain norvégien poursuit sa politique d’exclusion

le 18/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

NBIM a exclu quatre sociétés asiatiques, dont Posco et Daewo International, du fait de leur activité dans l'huile de palme.

Pour des raisons éthiques, NBIM a procédé à 64 exclusions de sociétés. Capture écran.

Après le charbon, l’huile de palme. Norges Bank Investment Managers (NBIM), le fonds souverain norvégien, a monté d’un cran sa politique visant à réduire son exposition à des secteurs dangereux pour l’environnement. Il a annoncé hier avoir exclu de son portefeuille quatre sociétés asiatiques en raison de leur activité dans la production d’huile de palme, accusée de contribuer à la déforestation en Asie.

L’exclusion vise les malaisiens IJM Corp et Genting ainsi que les sud-coréens Posco et Daewoo International. Fin mai, le premier fonds souverain mondial avait annoncé son désengagement progressif du secteur du charbon.

«Il existe un risque inacceptable que Daewoo, et donc également sa maison-mère Posco, soit responsable d’importants dégâts environnementaux du fait de la conversion de forêt tropicale en plantations de palmier en Indonésie», a expliqué le Norway’s Ethic Council, le comité indépendant qui recommande les exclusions à NBIM. Daewoo, premier courtier de céréales sud-coréen, a diversifié son activité dans l’huile de palme au début des années 2010 en rachetant l’un des principaux producteurs indonésiens. Fin 2014, NBIM détenait 9 millions de dollars en actions Daewoo ainsi que 224,4 millions en actions et obligations Posco. Les participations dans IJM et Genting représentaient respectivement 46 millions et 40,8 millions de dollars. Ces blocs ont déjà été vendus, le fonds révélant toujours ses exclusions après avoir cédé les titres concernés.

NBIM confirme ainsi sa politique d’investissement engagée. Les quatre sociétés exclues rejoignent une liste qui en comptait déjà soixante. Les groupes miniers mais aussi les producteurs de tabac et les fabricants d’armes sont exclus du fonds norvégien. Safran et Airbus Group ont ainsi été retirés du portefeuille en 2005.

Certains industriels ont également été sanctionnés en raison de violations temporaires ou répétées des Droits de l’Homme et l'Enfant, comme Wal-Mart en 2006 à cause des conditions de travail au sein du groupe ou chez ses fournisseurs. Enfin, Alstom est sous surveillance depuis fin 2014 du fait des poursuites engagées par plusieurs pays dans des affaires de corruption. Le groupe français a été condamné à une amende de 772 millions de dollars aux Etats-Unis au printemps 2015.

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