Le Crédit Agricole entend conserver son ancrage helvète dans la banque privée

le 16/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque verte considère que la Suisse, où elle cumule 40% des actifs de sa division de gestion de fortune, demeure stratégique.

La hausse récente du franc suisse et la transparence fiscale n’y feront rien. Par la voix de Jean-Yves Hocher, son directeur général délégué en charge de la BFI et de la banque privée, le Crédit Agricole a réaffirmé son souhait de maintenir un ancrage fort de sa gestion de fortune en Suisse. «Pour Crédit Agricole, quitter la Suisse signifierait quitter le métier», a déclaré le dirigeant à l’occasion d’un entretien accordé au quotidien suisse Le Temps, rappelant que la plate-forme helvète est la plus importante du groupe, avec 40% de l’activité de banque privée.

Malgré l’instauration de l’échange automatique d’informations auprès des différentes administrations fiscales étrangères, Jean-Yves Hocher estime en effet que la Suisse demeure un hub incontournable de la gestion de fortune. «La Suisse est à la banque privée ce que la City est aux marchés financiers», analyse-t-il. «Des grandes fortunes sont toujours attirées par la Suisse, [et] certaines choisissent même de s’y installer», poursuit-il, tout en concédant que le métier doit naturellement évoluer vers une «gestion de fortune internationale».

Ces dernières années, plusieurs groupes étrangers se sont à l’inverse désengagés du marché suisse. Après Lloyds Banking Group, qui a cédé en mai 2013 ses activités internationales au suisse Union Bancaire Privée, la banque américaine Morgan Stanley s’est à son tour défaite en mai 2014 de sa banque privée helvète à Safra Sarasin. Un mois plus tard, la britannique HSBC avait, elle, vendu un portefeuille d'actifs de banque privée dans le pays à LGT Group Foundation, la première banque du Liechtenstein. Fin décembre, Royal Bank of Canada a pris une décision similaire.

Outre la transparence fiscale, le renchérissement brutal du franc suisse intervenu en début d’année à la suite de l’abandon par la BNS de son peg avec l’euro pourrait renforcer ce mouvement. «Il est évident que nos charges suisses ont augmenté», admet Jean-Yves Hocher. «La gestion de fortune reste l’un des métiers les plus rentables dans le contexte actuel», tempère-t-il néanmoins.

Avec des actifs sous gestion en hausse de 7%, à 141 milliards d’euros, le pôle de banque privée de la banque verte a totalisé en 2014 un PNB de 696,2 millions, pour un résultat brut d’exploitation de 143,6 millions.

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