La chute des prix du pétrole tire les anticipations d'inflation à la baisse

le 07/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après être remonté de 48 pb en six mois à un niveau de 1,86% début juillet, le taux de swap inflation 5 ans dans 5 ans a depuis reculé de 14 pb.

La nouvelle chute du prix du pétrole risque d’assombrir à nouveau les perspectives d’inflation en zone euro. En passant de plus de 60 dollars par baril avant le mois de juillet à moins de 50 dollars depuis le début de semaine, le cours du Brent est ainsi revenu à un niveau proche de ses plus bas d’environ 46 dollars enregistrés en début d’année. Or, cette correction a déjà eu un impact immédiat sur les anticipations d’inflation.

Après être remonté d’un plus bas de 1,48% au mois de janvier à 1,86% début juillet sous l’effet de la mise en place des rachats d’obligations publiques de la BCE et de l’amélioration des perspectives économiques au sein de la zone, le fameux taux de swap inflation euro 5 ans dans 5 ans qui sert de référence à la BCE, a depuis reculé de 14 pb pour revenir à 1,72%.

Les points morts des obligations indexées allemandes et françaises à 10 ans ont également chuté de 22 pb et 30 pb depuis leurs plus hauts de fin juin, à respectivement 1,13% et 1,23%. «Les stratégies d’aplatissement des courbes de swaps inflation fondées principalement sur l’anticipation d’une stabilisation du prix du brut (et d’une hausse de l’inflation par effet de base) ont souffert dans cet environnement», ajoute Natixis. Cette baisse des points morts s’est ainsi accompagnée d’un fort mouvement de repentification de la courbe, avec une hausse du spread entre le swap inflation zone euro à 10 ans et à 2 ans de 74 pb pour revenir sur ses plus hauts depuis mars, les obligations de maturités courtes étant plus sensibles à l’inflation actuelle que celles de maturités plus longues.

Le taux d’inflation en zone euro s’est stabilisé à un niveau de 0,2% au mois de juillet, avec une légère remontée de l’inflation sous-jacente de 0,1 point à 0,9%. Il s’agit ainsi du quatrième mois d’inflation non négative depuis le début de l’année. «La conséquence immédiate de cette baisse du prix du pétrole inattendue est que les prix à la consommation pourraient ne pas augmenter dans les proportions initialement anticipées. On pourrait même voir l’inflation de quelques grands pays repasser sous 0%», explique Natixis.

L’établissement anticipe néanmoins qu’une accélération de la progression des coûts salariaux avec l'amélioration de l'activité et des effets de base favorables devraient permettre à l’inflation sous-jacente de remonter à un niveau moyen de 1,3% en 2016.

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