La BoE reste un pas derrière la Fed sur le début de son resserrement monétaire

le 07/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré l'accélération de la hausse des salaires et la solidité de la croissance du PIB, seul un membre a voté hier en faveur d'une hausse de taux.

La BoE n'aura pas créé l'événement attendu hier. Seul un de ses neuf membres, Ian McCafferty, a voté pour une hausse immédiate des taux directeurs de 25 points de base, alors que le consensus anticipait qu’ils seraient au moins deux (Martin Weale et David Miles). Depuis le dernier rapport publié en mai, le rythme de progression des salaires a accéléré de 1,5 point à 3,3% sur un an, et la BoE a relevé sa prévision de croissance du PIB britannique de 0,3 point à 2,8%, avec un taux de chômage stable à 5,6%. En revanche, la chute des prix du pétrole devrait fragiliser la reprise de l’inflation, avec un cours du Brent en livre sterling qui s’est effondré de 32% pour revenir à un niveau de 32 livres. «Avec une inflation nulle en juin, les investisseurs donne toujours du poids à l’argument que la BoE ne bougera pas avant la Fed et n’a rien à gagner à surprendre les marchés», explique Citigroup.

Malgré une légère détente hier, la devise britannique a en outre gagné 6% contre dollar depuis mi-avril et 10% contre euro depuis le début de l’année, et le cours du Brent a reculé de 22% depuis fin juin. Dans ce contexte, la BoE a revu à la baisse ses prévisions d’inflation pour cette année, à 0,3%, et ne prévoit un retour à son objectif de 2% qu’au troisième trimestre 2007, alors qu’elle voyait son niveau à 2,1% en mai à cette période. Une prévision qui a pour hypothèse une hausse de taux directeurs de 50 pb en 2016 et de 50 pb supplémentaires en 2017, soit un niveau de 1,50% fin 2017. «La banque centrale tente de délivrer le message qu’une hausse de taux immédiate n’est pas nécessaire et que lorsque le processus démarrera, il sera progressif, alors que le marché anticipe un resserrement un peu moins important que ce que la BoE pense devoir effectuer», estime BNP Paribas.

Les minutes de la réunion d’hier ont en outre révélé une forme d'inquiétude de la part de certains sur les effets plus forts qu’attendu du programme de consolidation budgétaire du gouvernement sur l’activité, avec un léger ralentissement de la croissance attendu l’an prochain, à 2,6%. Le consensus table sur une première hausse des taux pour début 2016, soit environ trois mois après le lancement attendu du processus de normalisation monétaire de la Fed.

Le spread entre le rendement des Treasuries américains et celui des Gilts britanniques à 2 ans est positif depuis le mois de décembre dernier, après deux ans en territoire négatif.

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