La BCE va acheter des titres d'entreprises dans le cadre de son QE

le 03/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque centrale européenne a élargi hier la liste des actifs éligibles à son programme d'achat aux titres d'Enel, Snam et Terna.

La Banque centrale européenne (BCE) peut désormais acheter les titres d’une poignée d’entreprises dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif (QE) mais les analystes divergent sur l'importance de ce changement. Hier, l’institution a allongé de treize noms la liste des titres éligibles à son programme d’achat (PSPP). Parmi eux figurent les entreprises italiennes Enel, Snam et Terna.

Les entreprises, qui ont toutes les trois la particularité d’avoir l’Etat à leur capital, ont été ajoutées dans la liste des titres «d’agences» éligibles au PSPP. Celui-ci prévoit déjà l'achat des obligations des Etats de la zone euro et ceux d'institutions nationales et supranationales. «A nos yeux, cet élargissement montre que [la BCE] est prête à agir si nécessaire, en cas d’aggravation de la crise grecque», écrit la recherche crédit de RBS. «Inclure davantage d’émetteurs pourrait permettre à la BCE d’augmenter substantiellement son portefeuilles de titres achetables», poursuivent les analystes, en précisant que le marché des obligations d'entreprises en catégorie d’investissement qui émettent en euros pèse 1.150 milliards d’euros.

«Nous ne nous attendons pas à ce que davantage d’entreprises soient ajoutées à la liste prochainement», estime au contraire la recherche crédit de Société Générale. Les règles de fonctionnement du PSPP de la BCE prévoient qu’«en cas de circonstances exceptionnelles» et au cas où il serait difficile aux banques centrales nationales d’acheter autant de titres publics que prévu, le Conseil des gouverneurs peut décider d’ajouter des obligations d’entreprises à sa liste d’actifs éligibles, en substitut. A condition qu’il s’agisse d’entreprises non financières qui appartiennent au secteur public.

«Nous ne voyons pas ce changement comme un réel changement de politique de la part de la BCE», estime aussi l’économiste de JPMorgan, Greg Fuzesi. A ses yeux cependant, l’élargissement de la liste des actifs éligibles montre «que le QE de la BCE offre bien une certaine souplesse qui est en train d’être exploitée, à la fois pour arriver aux volumes d’achats souhaités et pour rendre le QE efficace».

Entre le lancement officiel du PSPP en mars et le 26 juin dernier, la BCE a acheté quelque 194 milliards d’euros d’actifs publics. Elle a par ailleurs acquis 95 milliards d’euros d’obligations sécurisées et 9 milliards de titrisations dans le cadre de ses programmes d’achats dédiés.

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