La BCE reste sur ses gardes face au risque croissant de chocs externes

le 14/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les minutes de sa réunion de juillet montrent que l'institution s'inquiétait de la correction des actions chinoises et de la hausse des taux de la Fed.

La BCE semble garder son cap au milieu de la tempête. «Compte tenu des événements intervenus sur les marchés internationaux, suite à l’accord sur la Grèce du 13 juillet, l’attention semble s’être déplacée vers la Chine et les Etats-Unis», indiquent les minutes de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE des 15 et 16 juillet, qui intégraient déjà la correction du marché actions chinois, mais pas la réforme de sa politique de change.

«Les développements financiers en Chine pourraient avoir un impact négatif plus fort qu’attendu, compte tenu du poids du pays dans les échanges internationaux. Ce risque pourrait prendre la forme de chocs négatifs issus de hausses de taux aux Etats-Unis sur la croissance des économies émergentes», ajoutent les minutes.

Or, la libéralisation forcée de la politique de change en Chine n’est pas sans impact pour la BCE, qui a fait de l’affaiblissement de l’euro un des moyens pour atteindre son objectif de retour de l’inflation vers sa cible de 2% et de soutien à la croissance. «Ces nouveaux évènements en Chine devraient avoir un impact sur les conditions monétaires en zone euro, notamment par le biais d’un renforcement de l’euro, mais aussi par une détérioration des anticipations d’inflation», estime ainsi BNP Paribas. La banque estime néanmoins qu’une dépréciation du yuan de 10% correspondrait à une appréciation du taux de change effectif réel de l’euro de 2%, et entrainerait une baisse de la croissance et de l’inflation en zone euro limitée à 0,1 point à horizon de 12 à 18 prochains mois.

La BCE a également alerté sur les conditions de liquidité, Benoit Cœuré mentionnant la difficulté rencontrée par les gérants à acheter des covered bonds éligibles à son QE. «Outre le ralentissement de l’offre à de faibles niveaux depuis mai, la volatilité a renforcé le statut d’instruments refuge dont bénéficie les covered bonds, favorisés par un traitement réglementaire favorable», explique Barclays.

«Plus les rendements souverains resteront bas et les actifs sûrs seront rares (une éventualité très probable en l'absence de signe de réduction de la taille des bilans de nombreuses banques centrales et la correction des déséquilibres budgétaires), plus le pourcentage d'actifs illiquides dans les portefeuilles de nombreux investisseurs sera susceptible d’augmenter», alerte aussi Natixis.

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