La BCE et le FESF évaluent leur options dans le dossier grec

le 02/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux institutions ont pris acte hier du non-paiement au FMI, mais devraient rester l'arme au pied d'ici au référendum du 5 juillet.

La Facilité européenne de stabilité financière (FESF) et la BCE jouent une partie serrée dans le dossier grec. Les deux institutions ont dû prendre acte hier du non-paiement des 1,5 milliard d’euros dus par Athènes au FMI le 30 juin. Un arriéré de paiement qui, sur le papier, peut en théorie aboutir à couper les banques grecques de la ligne de liquidité d’urgence (ELA) de la BCE, et à déclencher un défaut de la Grèce sur sa dette encore aux mains du secteur privé.

Les deux institutions ont une partie d’autant moins facile à jouer que la journée de mercredi a de quoi donner le tournis: double discours du Premier ministre grec Alexis Tsipras se disant prêt à accepter l’offre de ses créanciers tout en appelant encore à voter «non» au référendum du 5 juillet, opposition entre François Hollande et Angela Merkel sur la conduite à tenir… Dans ce contexte, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé hier soir d’attendre le résultat du référendum pour reprendre les discussions avec Athènes. Aucun autre Eurogroupe n’aura lieu d’ici là, sauf rebondissement. L'objectif du gouvernement grec est de parvenir à un accord lundi, a déclaré de son côté le ministre des Finances, Yanis Varoufakis.

Le non-paiement du FMI «constitue un événement de défaut pour certains prêts du FESF», a indiqué hier le fonds. Klaus Regling, directeur général du FESF, a donc informé hier son conseil et le président de l'Eurogroupe de la situation. La procédure offre trois choix au fonds: demander le remboursement immédiat des sommes qui lui sont dues par la Grèce, renoncer à ses droits (waiver of rights) pour ce cas précis, ou se réserver la possibilité d'agir plus tard (reservation of rights). La première option équivalait, par le jeu de clauses cross-default, à mettre la Grèce en défaut sur certaines de ses obligations, et donc à exclure les banques grecques de l’ELA. Valdis Dombrovkis, vice-président de la Commission, a recommandé hier de choisir la troisième option. Elle permet de botter en touche jusqu’au résultat du vote sur le référendum.

Le conseil de la BCE a décidé de son côté de maintenir le niveau actuel de l’ELA, à 89 milliards d’euros. «La BCE devra faire face à ces choix difficiles pendant une longue période», estime Greg Fuzesi, économiste chez JPMorgan. Les besoins de liquidité des banques vont en effet aller croissant, même dans l’hypothèse d’un accord avec la Grèce.

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