Les acteurs du post-marché européen sont sur la brèche pour lancer T2S

le 02/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La migration vers la plate-forme européenne de règlement-livraison est prévue le 22 juin mais le marché italien pourrait ne pas être prêt.

Les acteurs européens du post-marché sont sur le gril. Alors qu’ils travaillent depuis près de neuf ans à la mise en place d’une plate-forme unique de règlement-livraison, le projet pourrait prendre du retard dans sa dernière ligne droite.

Initié en 2006 par la Banque centrale européenne (BCE), le projet Target2 Securities (T2S) doit permettre d’abaisser les coûts de règlement-livraison des opérations transfrontalières et aider les banques à optimiser la gestion de leur collatéral. Pour favoriser une transition en douceur vers la nouvelle plate-forme, le projet prévoit que les différents marchés se connectent à celle-ci par «vague» à partir de cet été. La Roumanie, l’Italie, la Grèce, la Suisse et Malte doivent être les premiers pays à franchir le pas le 22 juin.

Or, «les établissements bancaires, à un mois du démarrage, ont fait part à la BCE d’importantes incertitudes et alertes fonctionnelles», explique Thibaud de Lajudie, associé du cabinet de conseil Ailancy. Même si la BCE a affirmé la semaine dernière que la plate-forme est «suffisamment stable» pour fonctionner, «il est possible que le marché italien qui est le plus important parmi ceux de la vague 1, ne rejoigne pas T2S à la date de démarrage prévue pour le 22 juin», explique Eric Derobert, directeur de la communication et des affaires publiques chez le dépositaire-conservateur Caceis.

«La première vague est nécessairement la vague la plus difficile, car c’est celle qui essuie les plâtres», reconnaît le professionnel. Cependant, «il ne faut pas qu’un report soit préjudiciable à l’ensemble du calendrier de migration» qui s’étend jusqu’au début de 2017. Les acteurs des marchés belge, français, néerlandais et portugais sont censés basculer vers la plate-forme unique en mars 2016, lors de la deuxième vague mais les tests de faisabilité de celle-ci doivent débuter dès le mois de septembre prochain.

«C’est un chantier qui est lancé depuis très longtemps, je pense qu’il y a vraiment une envie d’y aller [ndlr: de la part de l’industrie]. Dès lors qu’il y aurait des reports, cela reviendrait à mobiliser des coûts supplémentaires», souligne Pierre-Dominique Renard, chief of staff chez LCH.Clearnet SA. La chambre de compensation travaille sur des scénarios de report après le 22 juin de la migration du marché italien vers la plate-forme mais les derniers tests de migration sont encourageants. «La bonne nouvelle c’est que nous avons effectué une troisième bascule ce week-end qui s’est révélée beaucoup plus satisfaisante», souligne Pierre-Dominique Renard.

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