Aberdeen AM se dote à son tour d’une ligne de crédit pour faire face à des retraits

le 23/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gérant britannique peut faire appel dans l’urgence à 500 millions de dollars s’il ne parvient pas à financer les retraits par des cessions d’actifs.

La préoccupation pour le risque de liquidité est plus que jamais au cœur des réflexions des gérants. Alors que de plus en plus d’institutions internationales font part de leur inquiétude, Aberdeen AM a mis en place une ligne de crédit de 500 millions de dollars pour faire face à des pics de stress. «Les lignes bancaires sont utiles si vous devez honorer des demandes de remboursement et qu’il n’y a pas de marché», a déclaré à Bloomberg son directeur général, Martin Gilbert.

Principal motif d’inquiétude, la liquidité du marché obligataire a sensiblement diminué depuis la crise avec le retrait des grandes BFI. En mars, le rapport trimestriel de la BRI avait analysé que la liquidité sur le marché du crédit américain avait notamment été divisée par quatre depuis 2007. Un phénomène d’autant plus inquiétant que le cycle de remontée des taux d’intérêts américains se profile.

«Si une masse importante d’argent se retire du marché obligataire, (…) comment pourrons-nous vendre des titres dans une période où la liquidité s’est asséchée ?», s’interroge Martin Gilbert. Selon Deutsche Bank, la ligne de crédit de 500 millions de dollars peut aider à financer des retraits, bien qu’elle représente moins de 1% des 72 milliards de livres d’actifs du gérant. «C'est un signal positif qui prouve qu’Aberdeen reste prêt quoi qu’il advienne», ajoute-t-elle, contrairement aux hedge funds qui gelèrent les retraits en 2008.

Plusieurs autres gérants ont emprunté cette voie. Le numéro un mondial, BlackRock, a ainsi porté l’an dernier le montant que ses OPCVM peuvent emprunter à 2,1 milliards de dollars, contre 500 millions avant 2013, rapportait Bloomberg en janvier. Les gestions de Goldman Sachs et Bank of America ont aussi eu recours à ce stratagème, qui évite de peser sur la rentabilité des fonds en immobilisant des liquidités.

Outre ces sécurités, les acteurs du secteur s’organisent. En novembre dernier, une quinzaine de gérants européens avaient lancé un «dark pool» obligataire, suivi fin janvier par l’annonce d’un «dark pool» réunissant Fidelity et huit autres gérants d'actifs. Une solution qui ne règle cependant pas tous les problèmes. Début avril, le FMI s’était ainsi inquiété de la concentration du secteur, qui a «de plus en plus eu tendance à acheter des actifs similaires».

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