La volatilité du Bund connaît un regain de tension

le 09/09/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des données statistiques contradictoires et la forte baisse des rendements sur l’obligataire poussent la volatilité à la hausse

Le mois d’août a vu défiler les mauvaises nouvelles économiques en provenance des pays du G7 et une tension de nouveau palpable sur les dettes souveraines périphériques. Dans ce contexte, un fort mouvement de fuite vers la qualité a eu lieu et le Bund, qui sert de valeur refuge, a vu son rendement s’effondrer de 2,70% à 2,10% au cours du mois. Par ailleurs, l’accélération du mouvement d’aplatissement du segment 2-10 ans sur la courbe euro a contraint nombre d’opérateurs à réaliser des couvertures de portefeuille.

Les stratégies haussières sur les options se sont multipliées, ce qui a eu pour effet de tirer la volatilité implicite jusqu’alors plutôt sage. Celle-ci est passée de 5,50% à 7,20% en une dizaine de jours. Afin de compenser le coût de cette volatilité élevée, les opérateurs ont opté pour des calls spreads amortissant l’impact du véga. Les plus significatifs se sont concentrés sur le 137/139 et 138/140 à hauteur de 150k sur l’échéance décembre (soit des rendements implicites à 10 ans allant de 1,90 à 1,60 %).

Changement de cap début septembre. Des chiffres de l’emploi américain meilleurs qu’attendu, la perspective d’une nouvelle série de mesures destinées à soutenir la croissance américaine et le soutien de la BCE qui reporte à début 2011 sa stratégie de sortie de crise ont mis fin à la hausse du Bund. La volatilité implicite n’a pas pour autant connu de retour significatif et par conséquent l’écart entre la volatilité implicite et historique s’est accentué pour atteindre 1,50%. Ce niveau, qui appartient à la partie haute des observations constatées sur la dernière année, illustre le degré d’incertitude à venir auquel doivent faire face les opérateurs.

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