La stratégie d'assouplissement quantitatif de la Fed porte ses fruits

le 07/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital

L'Agefi : La pause monétaire de la BCE peut-elle durer ?

Laurence Boone : Les deux clés de cette pause sont la situation de l’activité économique dans la zone euro et le bulletin de santé des marchés financiers. Les taux d’intérêt bas visent bien sûr à stimuler le crédit et plus généralement l’investissement, mais ils sont aussi essentiels pour aider les marchés financiers à retourner à un fonctionnement normal et continuer de soutenir l’assainissement du bilan des banques. Les taux ne remonteront pas tant que la reprise ne sera pas perçue comme solide et les marchés et institutions financiers stables. Mais ceci n’exclut pas en revanche l’extinction de certains programmes « non conventionnels » au fur et à mesure qu’ils apparaitront caducs ou que la situation sur les marchés s’améliorera.

La stratégie d’assouplissement quantitatif de la Fed, qui vise entre autres à faire baisser les taux longs américains, est-elle efficace ?

Comme la BCE, les actions de la Fed visent essentiellement à restaurer le bon fonctionnement des marchés et la distribution de crédit aux ménages et aux entreprises. C’est à cette aune-là qu’il faut mesurer son efficacité, et sur ce plan, la stratégie porte ses fruits. En ce qui concerne le fonctionnement des marchés financiers, le spread entre Libor et OIS 3 mois s’élève à environ 30 pb, ce qui est légèrement plus élevé qu’avant la crise mais très loin du pic au-dessus de 350 observé en janvier dernier. Le Libor 3 mois lui-même est à moins de 50 pb, il était à près de 5,0 % en décembre 2008. Quant à la reprise du crédit, on a vu les émissions obligataires reprendre depuis le début de l’année, alors que le stock d’actifs adossés sur les crédits diminuait, absorbé par les programmes de la Fed.

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