Le stimulus monétaire est loin d'être retiré

le 26/08/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur fond de dégradation rapide de la conjoncture, la Réserve Fédérale américaine a décidé de renforcer son soutien à l’économie. Elle réinvestira désormais son portefeuille de MBS qui arrive à échéance en obligations du Trésor américain. La Banque d’Angleterre a abaissé d’un point ses prévisions de croissance pour 2011 (à 2,5%), ce qui repousse la perspective d’une normalisation du taux de base. Alors que la relance fiscale touche ses limites, le premier ministre Kan souhaite consulter le gouverneur de la Banque du Japon pour explorer de nouvelles pistes de stimulation de l’économie.

La BCE ne fera pas exception à cette tendance. Elle prolongera très certainement le stimulus monétaire jeudi prochain, lors de sa conférence de presse mensuelle. Son président Jean-Claude Trichet devrait officialiser les récentes déclarations d’Axel Weber évoquant une prolongation du service total et à taux fixe des soumissions reçues, au-delà du 12 octobre pour les opérations de financement à une semaine et au-delà du 29 septembre pour les opérations à trois mois.

Malgré une révision comptable des prévisions de croissance à la hausse pour cette année (probablement autour de 1,3% pour la zone euro), les perspectives ne sont toujours pas rassurantes pour 2011. Nulle part dans le G7, la croissance n’est autoentretenue. Les exportations vers les émergents ne suffiront pas à enclencher un cycle vertueux. L’ajustement à la crise des économies développées ne saurait être nominal, ce qui fait peser un risque déflationniste certain.

La pérennisation du stimulus monétaire, voire son renforcement, apparaissent être les seules alternatives. Une nouvelle baisse des taux, comme notre indicateur le suggère depuis longtemps, ne saurait même plus être écartée avec certitude en zone euro.

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