S&P relève ses prévisions de pertes sur l'immobilier américain

le 08/07/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le taux de casse atteint 75 % pour les prêts ayant financé des logements subprimes saisis puis liquidés

Le sujet est presque passé de mode sur les marchés, mais le marché immobilier américain continue de se dégrader. A tel point que Standard & Poor’s a relevé ses prévisions de pertes sur les prêts accordés aux ménages subprimes et de catégorie intermédiaire (Alt-A), qui ont été ensuite titrisés dans des RMBS. Ces révisions substantielles, de l’ordre de 30 % à la hausse en moyenne, portent sur les prêts octroyés entre 2005 et 2007. Le record est toujours détenu par le millésime subprime 2007, dont le taux de perte est désormais estimé à 40 %.

Le niveau de pertes est à la fois fonction des probabilités de défaut de l’emprunt, et des pertes effectives enregistrées lors de la saisie puis de la revente d'un bien immobilier qu'un ménage n'a pu rembourser. Or tous les indicateurs sont au rouge : le chômage augmente, les prix continuent à baisser, et « les logements sont aujourd’hui liquidés à des prix à la casse », souligne S&P. Le taux de perte sur les prêts ayant financé des biens saisis puis liquidés, la loss severity, oscille entre 70 % et 75 % en moyenne, contre 55 % il y a un an. Dans les Etats berceaux d’une industrie automobile sinistrée, comme le Michigan, l’Ohio et l’Indiana, ce taux grimpe même à 90 % pour les prêts subprime ayant mal tourné.

« Tout cela confirme ce que nous n’avons cessé de dire : les pertes liées au marché immobilier ne sont en aucun cas terminées, davantage de tranches étant dégradées et amenant à de nouvelles dépréciations », écrivait hier la recherche crédit de BNP Paribas. S&P a prévenu que les dégradations de RMBS concerneraient surtout les tranches qui avaient bénéficié à l’origine d’une notation « AAA ».

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