SG Private Banking est prête à saisir des cibles en Europe

le 09/07/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque privée de la Société Générale, qui ouvre notre série d'été hebdomadaire sur le secteur, veut être l’un des acteurs de la concentration

SG Private Banking entend bien tirer profit des difficultés que traversent certaines de ses concurrentes. Confiante dans la solidité de son modèle, la banque privée de la Société Générale cherche à faire des acquisitions en Europe. « Si le business model est concentré sur l’activité de courtage et l’effet de levier, la baisse des actifs sous gestion a un effet considérable sur la rentabilité. Beaucoup d’acteurs vont être cédés. Les opportunités existent auprès de banques américaines et européennes. Des marchés comme la Grande-Bretagne, la Suisse et la Belgique nous intéressent particulièrement », explique Daniel Truchi, directeur de SG Private Banking.

L’établissement s’était penché sur le dossier BHF-Bank (filiale de Sal. Oppenheim) en début d’année, mais il n’a pas poursuivi. Il juge l’acteur à la fois trop axé sur le marché allemand et pas assez important pour rivaliser avec les grands établissements locaux. En revanche, le cas du français Neuflize OBC, filiale du néerlandais ABN Amro, que Bruxelles contraint à céder des actifs, ne le laisse pas indifférent. « Acteur majeur en France, Neuflize OBC dispose également d’une présence internationale ; si ABN Amro, contrôlée par l’Etat néerlandais, devait la céder, nous regarderions », annonce Daniel Truchi, qui confirme également s’intéresser à la filiale de banque privée de Citigroup en Italie, que l’établissement américain souhaite vendre.

En revanche, un mouvement de ce type en dehors d’Europe semble peu probable. Le patron de SG Private Banking estime en effet qu’il n’existe pas en Asie ni au Moyen-Orient d’acteur indépendant disponible. Cela implique qu’un établissement cède son activité à l’échelle mondiale et que le Français acquière certaines filiales.

Aux Etats-Unis, la situation est différente puisque le groupe de La Défense s'est offert 37 % de Rockefeller & Co il y a un an. « Les produits sur lesquels nous avons travaillé ensemble n’ont pas pu voir le jour en raison de la crise. Notre premier fonds actions US sera lancé dans les semaines qui viennent ; nous devrions également signer la semaine prochaine un accord préliminaire avec Rockefeller pour créer une plate-forme de family offices », révèle Daniel Truchi.

Pour se développer sur le marché canadien, SG Private Banking va étendre les licences de CWM Group, acquis début 2008 et basé à Calgary. 

« La cible – qu’elle soit totalement indépendante ou filiale d’un groupe bancaire – devra partager notre business model et être un acteur important sur un marché stratégique », précise le directeur – ce qui implique que l’entité devra compter plusieurs milliards d’euros d’actifs sous gestion. Les dirigeants estiment que leur modèle de développement « équilibré » sortira gagnant de la phase de restructurations qui s’annonce. « Nos clients attendent du service, bien avant les produits aujourd’hui connus et accessibles. Nous leur offrons un conseil mondial par notre présence, ainsi que toutes les expertises que nous avons intégrées », explique Patrick Folléa, directeur pour la France, dont la promotion a été annoncée hier (lire sa nomination page 16).

La France, qui capte un peu moins de 20 % des actifs sous gestion du pôle, constitue en l’espèce un cas emblématique. Etablissement indépendant de la banque de détail, mais développant des synergies avec lui, SG Private Banking France vise la clientèle disposant d’au moins un million d’euros d’actifs financiers liquides. Ce marché correspond, selon elle, à approximativement 150.000 foyers. A l’origine centralisée, la structure dispose aujourd’hui de quatre antennes en régions. Rennes devrait ouvrir fin 2009 et Strasbourg début 2010. Nantes, Nice et Toulouse sont à l’étude. Au premier trimestre 2010, l’établissement veut atteindre le milliard d’euros d’actifs gérés en dehors d’Ile-de-France.

L’établissement dispose sur le marché français de trente ingénieurs patrimoniaux et fiscalistes, soit un ratio de deux pour trois banquiers. Il a récemment lancé un pôle immobilier (SG 29 Real Estate), qui lui permettra de mener des opérations immobilières pour ses clients. « Nous voulons mettre l’immobilier au cœur de notre stratégie patrimoniale », indique Patrick Folléa. Une expertise qui rejoint les spécialistes sur les transactions viticoles et forestières. Ces secteurs intéressent particulièrement les étrangers fortunés souhaitant investir en France, qui est traitée par une nouvelle équipe spécialisée dans les non-résidents. En outre, SG Private Banking va investir une dizaine de millions d’euros dans la modernisation de son outil informatique.

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