Le secteur du BTP reculera plus que prévu en France cette année

le 08/07/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon le Crédit Agricole, la demande étrangère sera le principal moteur d’une croissance faible. L’automobile capitalisera sur un bon début d’année

De nombreux freins sur la croissance française devraient persister au cours des prochains mois. C’est ce qui se dégage des dernières perspectives du Crédit Agricole-LCL après le tassement de la consommation constaté au 1er trimestre. «Les enquêtes sur la confiance des ménages et des chefs d’entreprises ont surpris à la baisse en mai, en lien avec les problèmes des finances publiques en zone euro», relève Axelle Lacan, économiste au Crédit Agricole. Déjà écorné par une inflation en légère hausse, le pouvoir d’achat des ménages sera également bridé par un taux de chômage qui atteindrait un pic de 10,1% au 4e trimestre. L’investissement ne devrait pas repartir en hausse avant l’an prochain, ce qui laisse le commerce extérieur comme moteur principal de croissance en 2010, le repli de l’euro jouant un rôle positif. En notant qu’aucun mouvement de restockage n’a eu lieu jusqu’ici, les économistes de la banque prévoient donc «une croissance modeste de l’ordre de 1,1% en 2010 et 1,2% en 2011».

Les perspectives sectorielles découlant de ce constat se caractérisent par leur grande hétérogénéité. En pourcentage pondéré du poids des secteurs, le Crédit Agricole-LCL anticipe désormais pour 2010 une contraction touchant 32% de la production domestique contre 36% en début d’année, 61% de cette production devant retrouver le chemin de la croissance (39% en janvier dernier). Si une partie du large secteur des biens intermédiaires (sidérurgie, engrais, chimie) continue de figurer dans le haut du classement, les principales révisions en hausse portent sur les composants électroniques et l’industrie automobile. Dans le premier cas, la reprise est due «à une flambée des prix au niveau mondial combinée à une demande plus importante que prévu pour les appareils électroniques».

Dans l’automobile, le segment des utilitaires de moins de 5 tonnes est désormais vu en hausse de 20% (voir graphique) contre une progression nulle précédemment attendue; il bénéficierait de la hausse des exportations vers la Suède, le Royaume-Uni et l’Espagne. Celui des voitures particulières devrait capitaliser sur le rebond important des ventes au premier trimestre malgré l’effet estompé des primes dans le courant de l’année, tandis que les équipementiers français bénéficieraient du rebond encore fragile de la production en Europe. «Une incertitude existe sur l’ampleur de la reprise dans l’automobile cette année», souligne d’ailleurs Bernard Monsigny, ingénieur conseil au département des Etudes industrielles du Crédit Agricole.

L’opinion de la banque est plus affirmée sur le repli de la construction qui devrait toucher presque toutes ses composantes. L’entretien-rénovation se stabilisera grâce au soutien du prêt écologique à taux zéro, tandis que le logement neuf reculerait de 3,1% et que le bâtiment non résidentiel s’effondrerait de 14,4%. De surcroît, les travaux publics devraient se contracter de 3% alors qu’une croissance étale était auparavant anticipée, en raison de la frilosité des collectivités locales qui vont réduire leurs budgets. Cette évolution négative est d’autant plus importante que le BTP représente 23% de la production de l’Hexagone et 34% de sa valeur ajoutée. Dans le fonds du classement, on retrouve enfin certaines activités en baisse structurelle comme le textile, l’habillement et la chaussure ainsi que la construction-réparation navale qui «touchera un point bas en raison de l’épuisement du carnet de commandes», même si ce secteur devrait par la suite bénéficier de nouveaux contrats en cours de négociation.

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