Les RMBS néerlandais bénéficient aussi de rachats anticipés

le 09/12/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Tout comme ABN Amro en novembre, Fortis a fait volte-face la semaine dernière en décidant d'exercer son « call » sur trois de ses RMBS

Les titres néerlandais adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) ne manquent pas de facteurs de soutien. Alors que Delta Lloyd vient de rouvrir le marché primaire des RMBS (lire dans «Aller plus loin»), Fortis Bank Nederland (Fortis) a annoncé le 3 décembre, contre toute attente, qu’elle rachètera les prêts immobiliers sous-jacents logés dans ses RMBS, Delphinus 2003-I, Delphinus 2004-II et Beluga 2006-1.

Cette initiative permettra à Fortis de rembourser la totalité des tranches en circulation visées, selon les programmes, à la fin janvier ou février 2010. CreditSights estime le montant des tranches à environ 3,6 milliards d’euros. En octobre, la banque n’avait pas exercé ses options d’achat (call) sur ces trois RMBS.

Cette volte-face de Fortis est survenue après celle d’ABN Amro. Cette dernière, qui n'avait pas exercé son call  en septembre sur le RMBS EMS III, a finalement décidé, en novembre, de le faire pour la prochaine date de remboursement possible. Elle a aussi décidé de rembourser par anticipation EMS IV. Ces annonces ont surpris le marché vu l’attitude de la Commission européenne (CE), qui ne souhaite pas que les aides publiques servent au rachat de titres ou au paiement de coupons.

D’ailleurs, pour Deutsche Bank, il est clair que dans le cas des banques majoritairement détenues par les Etats, «la CE sait désormais reconnaître les différences subtiles» qu’il peut y avoir entre «les non-exercices de calls sur du capital bancaire junior et sur de la titrisation». En novembre, Fortis a dû annuler une émission de 100 millions d’euros d’obligations sécurisées adossées à des prêts hypothécaires néerlandais. Cet échec avait alors été interprété comme la conséquence du non-remboursement probable de Delphinus et Beluga.

Alors que pendant la crise, beaucoup de banques néerlandaises ont rencontré des problèmes liés au risque accru de contrepartie, ce changement  d'attitude souligne, aux yeux de SG CIB, l’engagement des originateurs hollandais vis-à-vis de leur marché de la titrisation. «Il est possible que Fortis souhaite aussi profiter du dégel du marché immobilier néerlandais, estime CreditSights. Si une banque souhaite revenir sur le marché, résoudre la question des obligations non remboursées par anticipation constitue sans doute l'étape à effectuer en premier».

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