Les risques bancaires nourrissent la tension des taux interbancaires américains

le 12/03/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les taux courts Libor en dollar se sont tendus de plus de 20 pb depuis début janvier, la fin du trimestre étant déjà source de préoccupation

Les baisses de taux de la Réserve fédérale (Fed) et les injections de liquidités, qui ont insufflé un peu de confiance au marché monétaire à l’entame de 2009, semblent perdre de leur efficacité. Après avoir reflué de 350 à 400 points de base (pb) entre la mi-octobre et le début janvier, les taux interbancaires allant de 1 à 3 mois se sont tendus depuis de 22 pb et 25 pb à 0,55% et 1,32%. Le Libor au jour le jour a été publié hier à 0,33%, soit 13 pb au dessus du taux effectif des Fed funds.

«Les spreads sur le marché monétaire recommencent à être sous pression, car la fin du trimestre est déjà source de préoccupation», explique Société Générale. De fait, les efforts de la Fed visant à soutenir le système financier et bancaire outre-Atlantique n’ont toujours pas réussi à restaurer la confiance entre banques qui ne se prêtent plus d'argent. En témoigne l’écart de 106 pb entre le Libor 3 mois et le taux OIS 3 mois (overnight interest swap) qui mesure le taux directeur anticipé par le marché. 

L’ex-patron de la Fed, Alan Greenspan, avait indiqué en 2008 qu’une normalisation n’aurait lieu que si cet écart tombait à 25 pb. Et le contexte actuel de nationalisation des banques ne semble pas rassurer le marché interbancaire. «La liquidité est (et sera) une source de problème dans les deux semaines à venir. Les tensions reflètent également la progression actuelle des risques bancaires. Le CDS (credit default swap) 5 ans moyen des banques composant le panel du taux Libor vient juste d’inscrire un nouveau plus haut, en hausse de 14 pb sur la séance à quasiment 270 pb», soulignait mardi la banque française.

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