Le retrait de la liquidité aurait des conséquences catastrophiques

le 31/12/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Prêtons-nous ce mois-ci à un petit exercice d’actualité: que se passerait-il si les banques centrales décidaient de reprendre la totalité des liquidités injectées depuis le début de la crise? Laissons parler les modèles…

La base monétaire mondiale se contracterait de 35% et, autre point d’entrée du scénario, l’aversion pour le risque connaîtrait, à n’en pas douter, une forte résurgence. Une remontée du VIX à 50 points ne serait guère surprenante.

Les effets immédiats du retrait de liquidité et de la hausse de l’aversion pour le risque sont une hausse des taux longs souverains: 80 pb aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et 50 pb en zone euro. Le pétrole chuterait lourdement, de plus de 40% disent nos modèles. Les effets combinés de ces développements laisseraient le dollar effectif s’apprécier de 10%, l’euro baisser de 16% et la livre sterling se déprécier de presque 9%. Il s’ensuivrait une contraction extrêmement sévère du commerce mondial, voisine de 14%.

Tout ceci amputerait la croissance du PIB de 5,6% aux Etats-Unis, 3,1% en zone euro et jusqu’à 6% au Royaume-Uni. Le chômage augmenterait de près de 3 points aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Les variations du pétrole et des changes auraient des répercutions instantanées sur l’inflation: -0,9 point de pourcentage aux Etats-Unis. Mais le ralentissement de la croissance étant plus violent que la hausse du chômage, il est probable que les salaires s’ajusteraient à la baisse pour contenir les coûts salariaux unitaires. L’inflation sous-jacente ralentirait à terme de 2,9% aux Etats-Unis, 2% en zone euro et 3,6 % au Royaume-Uni. La déflation s’installerait.

Les pays émergents seraient encore plus durement frappés, car les flux de capitaux étrangers se tariraient. Leur arrêt soudain provoquerait une récession de l’ordre de 8% en Europe de l’Est. Or, au vu des portefeuilles que détiennent les banques dans ces pays, leur santé est primordiale pour la stabilité financière du monde. Souhaitons donc que ce petit exercice ne reste jamais que fiction !

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