Retour des tensions sur les périphériques

le 26/08/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les taux irlandais se sont nettement écartés tandis que le Portugal s’est financé au prix fort

Il n’en fallait pas plus pour inverser la tendance. Alors que les pays périphériques semblaient engagés dans la mouvance de chute des taux obligataires, un grain de sable est venu gripper la machine. Après la dégradation d’un cran à «AA-» de la note irlandaise par S&P, les taux périphériques, Eire en tête, sont repartis à la hausse. L’écart se creuse avec le Bund à 10 ans, qui se rapproche encore des 2%. Hier, les spreads entre les 2 ans allemand et irlandais ont atteint 234 points de base, retrouvant leur niveau de mai.

La troisième recapitalisation en urgence d’Anglo Irish Bank cet été n’a pas rassuré S&P sur la santé de l’économie irlandaise. L'agence indique pour se justifier que le pays «devra dépenser 90 milliards d'euros pour soutenir son système bancaire contre les 80 précédemment évalués». La dette du pays devrait atteindre 87% du PIB fin 2010. Dans la classification de S&P, l’Irlande n’est désormais plus qu’à une case de la «qualité moyenne», au sein de l’univers investment grade. La perspective négative de la note n'annonce rien qui vaille. Suite à l’annonce de S&P, les taux irlandais sont montés en flèche. Dans la journée d’hier, ils prenaient 56 pb sur le 2 ans à 2,92% , alors que le pays doit émettre aujourd’hui 400 à 600 millions d'euros de bons du Trésor.

Mauvais timing par ailleurs pour le Portugal. Ce dernier a réalisé hier, alors que ses taux grimpaient aussi, deux émissions obligataires pour un total de 1,3 milliard d’euros. Les opérations à 6 et 10 ans sont toutes les deux parties avec des rendements bien plus élevés que les précédentes de même maturité. Sur 2020, le Portugal a trouvé un taux de 5,31% contre 5,22% sur une même transaction en juin dernier. Prenant dans la journée 26 pb sur le 2 ans et 12 pb sur les 10 ans, les taux portugais ont moins bien résisté au coup de vent irlandais que ceux de l’Italie et de l’Espagne, restés pratiquement stables.

Une hausse des taux sur les périphériques d’autant plus marquante que ceux des pays «core» continuaient hier leur course à la baisse. Les taux allemand à 10 ans perdaient encore en journée 4 pb à 2,14%, tout comme sur le 2 ans (voir illustration). Andrew Robert, directeur de la stratégie taux d’intérêt Europe chez RBS apporte un élément d’explication: «Nous étions dans une période de vacances après la publication des stress test [ndlr, le 23 juillet dernier] qui a diffusé un faux sentiment de sécurité, nous revenons désormais à la réalité», a-t-il tout simplement déclaré hier.

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