Retour probable au calme sur les marchés actions européens

le 07/07/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La correction qui dure depuis plus de deux mois aura permis de purger les excès accumulés depuis le printemps 2009

Selon notre indicateur de dispersion de performances au sein de la cote européenne, les bourses du Vieux Continent ont désormais purgé les excès accumulés depuis le printemps 2009, qui avaient permis au DJ Stoxx 600 d’afficher au sommet une performance impressionnante de +72,4% en avril dernier. Comme on le constate sur le graphique ci-joint, les mouvements de recul de notre indice sont toujours violents et de grande ampleur. L’épisode récent ne déroge pas à la règle: après avoir été multiplié par plus de 14 entre le début de l’année 2009 et avril 2010, traduisant une concentration extrême des paris réalisés par les investisseurs sur les mêmes valeurs au détriment du reste de la cote, notre indicateur a reculé de près de 80% en moins de deux mois, atteignant son plancher à la toute fin du mois de mai dernier.

Depuis, les marchés actions sont restés hésitants, en regagnant d’abord très rapidement près de 12% en ligne droite, avant de les reperdre en totalité entre le 21 juin et lundi dernier. Les raisons d’un tel accès de faiblesse ont résidé dans la prise de conscience tardive de la part des investisseurs des faibles perspectives de croissance outre-Atlantique, au regard des mauvais chiffres macroéconomiques qui se sont accumulés depuis deux semaines.

Pour autant, l’horizon semble désormais s’éclaircir à court terme, à la veille du début de la saison des publications de résultats des entreprises européennes et américaines pour le premier semestre. Une fois encore, il est fort probable que la microéconomie soit un facteur de soutien important des marchés, les entreprises continuant de tirer leur épingle du jeu en dépit d’une conjoncture difficile. C’est d’ailleurs ce que croient les analystes financiers, qui ont fortement révisé à la hausse leurs anticipations de bénéfices pour l’année 2010 tout au long du second trimestre (+7,6%).

En conséquence, l’absence de surchauffe, les bonnes nouvelles microéconomiques ainsi que l’excès de pessimisme des investisseurs constituent selon nous un environnement favorable pour les bourses européennes à court terme, même si les marchés actions vont sans doute évoluer selon une trajectoire de tôle ondulée durant les années à venir. A l’image du Japon depuis vingt ans.

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