« Les rendements obligataires devraient se tendre ces prochains mois »

le 11/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

L’Agefi: La réduction du surplus de liquidité dans le système bancaire est-elle suffisante pour permettre à la BCE de sortir de sa stratégie de crise ?

Jean-Louis Mourier: La réduction des demandes des banques à la BCE est incontestablement une bonne nouvelle. Elle montre un regain de confiance des banques entre elles et un fonctionnement plus harmonieux du marché interbancaire. Cette amélioration est en partie le fruit des résultats des stress tests, pourtant critiqués. Alors que la principale raison de durcissement supplémentaire des conditions de crédits était, dans la dernière enquête ad hoc de la BCE, l’accès à la liquidité, ce mouvement est positif pour l’évolution des conditions de financement de l’économie. La BCE ne peut pourtant pas normaliser rapidement sa gestion des liquidités. Les banques restent fragiles et sources d’inquiétude, comme le rappelait récemment Mario Draghi ou le FMI. Surtout, certaines sont encore très dépendantes de la BCE. Celle-ci dispose de temps: elle a déjà reconduit jusqu’au début du mois de janvier le principe de satisfaction de la totalité des demandes des banques lors de ses opérations de refinancement à court terme.

Pourquoi envisagez-vous une hausse de 100 pb des taux à 10 ans européens à un horizon de 6 mois ?

Les rendements obligataires devraient se tendre ces prochains mois. Le mouvement pourrait être plus marqué dans la zone euro qu’outre-Atlantique. D’abord, comme l’anticipe la BCE, l’inflation va continuer à se redresser à court terme. Ensuite, le discours de la BCE devrait devenir moins porteur pour le marché obligataire ces prochains mois, avec la confirmation de l’amélioration conjoncturelle.

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