Avec des rendements de 5 à 8%, les obligations privées sont très intéressantes

le 26/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Grégoire Pesquès, responsable de la gestion crédit chez Société Générale AM

L'Agefi: Les émissions obligataires «corporate» vont-elles se multiplier?

Grégoire Pesquès: Les sociétés ont accumulé des besoins de financement très importants. Nous attendons un record d’offre sur les marchés de la dette. Les sociétés vont de plus en plus solliciter des marchés nouveaux pour elles: marché du sterling, du dollar, du franc suisse, placements privés. Mais la dynamique du marché primaire va être dirigée par la demande. En effet, le rapport de force est en faveur des investisseurs disposant de liquidités. Avec le «deleveraging» des hedge funds et l’arrêt des structurés de crédit, le marché ne pouvait redémarrer que sur une nouvelle dynamique. Cette dernière est née avec la baisse des taux. Les coûts d’opportunités sont très élevés. Les taux monétaires sont faibles et vont le rester. Les emprunts d’Etat allemands à deux ans offrent un rendement inférieur à 1,5%. A 5 ans, le taux est de 2,3%. Avec des rendements entre 5 et 8%, les obligations privées redeviennent très intéressantes. Ces rendements sont tels qu’ils permettent de supporter un grand nombre de chocs avant de perdre leur attrait.

Dans ce contexte, quelle est votre stratégie? 

Nous recommandons le segment corporate en particulier sur des maturités courtes et moyen terme. Nous favorisons les secteurs comme les financières, les utilities et les télécoms. Il est trop encore un peu tôt pour revenir agressivement sur les secteurs plus cycliques. Cela devrait être fait dans un deuxième temps. Il convient d’être très vigilant sur la construction de portefeuille afin d’assurer une flexibilité et une liquidité en adéquation avec l’horizon d’investissement.

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