Le recours par la BCE à des mesures non conventionnelles sera limité

le 25/05/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Benjamin Le Roux, coresponsable de la gestion taux chez Lazard Frères Gestion

L’Agefi : Compte tenu de la dégradation de la conjoncture européenne, est-il possible que la BCE décide de baisser à nouveau son taux directeur ?

Benjamin Le Roux : En soulignant lors de son dernier conseil une contraction de l’économie nettement plus forte que prévu, la BCE semble avoir déjà intégré dans son scénario la baisse de 2,5 % du PIB publiée pour le premier trimestre. Dès lors, la BCE ne devrait plus modifier le niveau de ses taux d’intérêt si son scénario, à savoir une reprise en 2010, se confirme. Avec un taux de refinancement à 1 % et un taux de facilité de dépôt, dont l’influence sur le marché interbancaire semble moindre, fixé à 0,25 %, les marges de manœuvre demeurent faibles pour le premier et inexistantes pour le second. 

Comment réagissez-vous au projet de mesures non conventionnelles de la BCE ? 

Les questions sur les taux s’estompant, le débat s’est déplacé autour de la principale mesure annoncée début mai consistant à acheter sur le marché près de 60 milliards d’euros d’obligations sécurisées, sachant que les principaux pays concernés par cette mesure sont l’Allemagne, la France et l’Espagne. Si son utilité est avérée au niveau de la zone euro, elle est contestée dans sa mise en œuvre par certains car elle implique des considérations nationales. La critique s’appliquant à tout programme d’achat d’actifs (dettes souveraines, privées), dans ce contexte, le recours à des mesures non conventionnelles autres que celles en rapport au financement direct du système, comme l’allongement à douze mois de la durée maximale des prêts, sera limité car systématiquement contesté.

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