Les réactions aux trimestriels seront révélatrices de l'appétit des gérants pour le risque

le 20/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée et de l’allocation tactique chez Allianz Global Investors France

L’Agefi : Pourriez-vous encore accroître la part obligataire de votre portefeuille ? 

Mathieu Pivovard : Oui. Si nous assistions à des tensions supplémentaires sur les taux, les conduisant au-dessus des 3,3 % (pour le 10 ans de la zone euro) qui semblent être le plafond actuel, nous serions amenés à renforcer les positions. Nous restons convaincus, en effet, que les mesures « non conventionnelles » prises par la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale plafonnent le niveau des taux, que, par ailleurs, la BCE devrait également aboutir à ce type de mesures et enfin que le contexte déflationniste à court-moyen terme est très pesant pour les taux.

Fortement sous-pondéré en actions, quel catalyseur attendez-vous pour revenir sur cette classe d’actifs ? 

Il faudra effectivement avoir quelques signes tangibles de reprise pour revenir de manière durable sur cette classe d’actifs. En particulier, nous attendons une inflexion des chiffres économiques, notamment le chômage qui, même s’il est un indicateur retardé, permettra de confirmer que nous sommes bien sortis du cercle vicieux économique. En outre, la valorisation devra être clairement basse. Enfin, le marché du crédit devra avoir montré des signes d’amélioration durable : cela ne se fera pas tant que les banques n’auront pas tout dévoilé de leur bilan. Les résultats du premier trimestre 2009 seront révélateurs du sentiment de marché et de la capacité des investisseurs à « reprendre du risque ».

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