Pas de sortie monétaire sans maîtrise budgétaire

le 01/10/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

De très nombreuses questions sont posées aujourd’hui sur le calendrier, l’ordre, la façon dont la BCE sortira de la politique monétaire non conventionnelle. Ira-t-elle au terme de son programme d’achats de covered bonds ? Apposera-t-elle une marge aux prochaines opérations de financement long ? Quand prendront fin les procédures d’appel d’offre à taux fixe ? Regardons les choses en face : ces questions sont prématurées.

Revenons d’abord sur le très faible succès rencontré par la dernière opération de refinancement à douze mois (à peine 75 miliards d'euros). Il n’est pas le signe que la crise est finie. Il revêt des explications techniques, comme le manque d’actifs disponibles à amener en collatéral après, rappelons-le, une opération de 440 milliards d'euros il y a à peine trois mois !

Ensuite, et surtout, la finalité des injections de liquidités par la banque centrale ne s’arrête pas à la stabilisation de la finance. Il s’agit d’une monétisation indirecte de la dette publique, qui répond à leur hausse historique, avec l’objectif manifeste d’empêcher une hausse des taux d’intérêt en donnant aux banques l’argent suffisant pour les acheter et les porter en pension auprès de la banque centrale. Car les déficits sont la seule voie pour tirer les économies de la récession et contenir une explosion du chômage.

Aujourd’hui l’objectif est atteint, les taux sont stables. Mais il n’y aura pas de croissance forte, ni en 2010, ni en 2011 et les déficits ne vont pas disparaître. Ils atteindront 8 % en France, 6 % en Allemagne, 6 % en Italie pendant les trois prochaines années au moins. Il faudra bien continuer à les financer si l’on veut prévenir une crise plus grave, la crise souveraine. Surtout que le désendettement des entreprises, la baisse des dettes privées, prendra fin à un moment. Il y aura du monde à financer !

Les banques centrales n’auront pas d’autre choix que de continuer à injecter de l’argent frais tant que les déficits publics restent aussi élevés : 2011, 2012... jamais ?

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