Le « Panel Taux » écarte l’idée d'une hausse des taux directeurs d’ici fin 2010

le 05/07/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En juillet, la prévision moyenne à 6 mois sur les taux à 10 ans de la zone euro est ressortie à 3,06 %, suggérant un potentiel de tension de 50 pb

La détérioration de par le monde des indicateurs économiques, assortie d'une course aux mesures drastiques de redressement budgétaire, ne plaide pas pour un relèvement des taux des banques centrales. Dans un tel contexte, la quasi-unanimité des membres du Panel Taux de juillet reste, une fois de plus, ancrée sur leur scénario de statu quo monétaire de la BCE, de la Fed, de la BoE et de la BoJ. Et celui-ci devrait durer au moins jusqu’à fin décembre.

En Europe, le retrait des plans de relance économique se fait sentir. En témoigne la légère contraction en juin de l’indice PMI manufacturier et la nouvelle baisse de la confiance des consommateurs. Dans le même temps, l’inflation a baissé de 0,2 point de pourcentage à 1,4%. Mis à part Nomura, tous les membres croient au maintien du taux de refi à 1 % d’ici fin décembre 2010. De fait, Aurel BGC table désormais sur ce scénario alors que le courtier pariait en juin encore sur une hausse de 25 pb à 1,25%. En revanche, la banque japonaise, figée sur l’idée d’un refi à 1% le mois dernier, voit désormais le taux directeur à 1,25% avant 2011.

Une action sur les taux paraît délicate pour la BCE qui vient d’achever son programme de rachats d’obligations sécurisées de 60 milliards d’euros. Avant de boucler son programme de retrait des liquidités exceptionnel, la banque centrale aura probablement besoin d’abord d’être rassurée sur la santé des banques européennes - qui ont refinancé 55% des 442 milliards d’euros de liquidités empruntées il y a un an par des liquidités à 3 mois et 6 jours - ainsi que sur le risque que représente la dette souveraine des pays périphériques. Alors que le taux 10 ans allemand, qui fait référence en zone euro, se traitait à 2,57% vendredi, leur prévision moyenne à 6 mois a été abaissée de 26 pb à 3,06%, indiquant que les membres croient à une tension des taux longs européens de 50 pb d’ici à fin 2010.

Outre-Atlantique, la reprise économique a perdu de son dynamisme, avec le recul en juin des ventes d’automobiles et des promesses de vente dans l'immobilier ancien et 125.000 emplois détruits. Du coup, Lazard Frères Gestion est désormais le seul membre à croire à un abandon de la marge de fluctuation des Fed Funds de 0-0,25% et à leur relèvement à 0,50 % d’ici à 6 mois. Ils étaient six membres en juin à défendre cette hypothèse. Les prévisions à 6 mois des taux à 10 ans ont été révisées à la baisse de 26 pb à 3,61%, contre un niveau vendredi de 2,93%. 

Côté change, la prévision moyenne à 3 mois pour la parité euro/dollar a été revue en baisse de 1,23 à 1,21. Ce qui suggère, sur la base d’un taux de change de 1,2495 vendredi, un potentiel de dépréciation de l’euro face au billet vert de 3,2% d’ici à septembre. La nervosité sur la dette grecque et celle des pays périphériques et les annonces autour de la règlementation des marchés financiers devraient constituer les principaux facteurs de volatilité.

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