«Nous tablons sur un dollar/yen à 80 d'ici au premier trimestre 2011»

le 06/09/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Valérie Perez, responsable changes en France chez Deutsche Bank

L'Agefi: Quel est votre scénario sur le dollar/yen suite aux mesures d’assouplissement monétaire de la BoJ?

Valérie Perez: Nous sommes haussiers sur le yen depuis mi-2009, sur la base de taux bas aux Etats-Unis, et la mise en place de positions d’aversion pour le risque acheteuses de yen. Trois autres éléments nous confortent dans cet objectif à 80 au premier trimestre 2011. En termes réels (ajustés du différentiel entre inflation américaine et inflation anémique au Japon ), le yen est loin de ses plus hauts face au dollar alors qu’il l’est quasiment en termes nominaux (79,90 atteints en 1995). Ajusté de ce différentiel, le dollar/yen devrait atteindre 55 (!) pour être à un tel niveau de surévaluation. Second facteur, les devises à fort déficit doivent offrir des taux plus élevés que leurs «concurrents», ce qui n’est pas le cas américain. Ce contraste entre déficit aux Etats-Unis et balance positive au Japon est flagrant dans la mesure où il s’accompagne de taux faibles américains. Enfin, les portefeuilles obligataires cherchant à s’investir sur des marchés offrant profondeur et liquidité ne pourront qu’être attirés par le marché des JGBs (titres d'Etat japonais, NDLR) aujourd’hui sous-pondérés.

Les fondamentaux économiques des Etats-Unis plaident-ils pour une poursuite de la dépréciation du billet vert face à l’euro?

Lors de leur réunion fin août, Bernanke et Trichet ont tous deux tenu des discours extrêmement accommodants sur les taux, et ont alerté sur les niveaux de croissance faible attendue de part et d’autre. Les derniers chiffres catastrophiques de l’immobilier outre-Atlantique ont été contrebalancés par un fort indice ISM. Sur la zone Euro, l’Allemagne est le seul pays à afficher des fondamentaux solides. Nous n’avons pas de vue forte à court terme sur l'euro/dollar, et nous la voyons évoluer entre 1,25 et 1,32 d’ici à la fin 2010.

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